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Extrême-Nord : la Croix-Rouge au secours des femmes de Yagoua

En visite à Yagoua, dans le département du Mayo-Danay, la présidente de la Fédération internationale de la Croix-Rouge Kate Forbes a rencontré les communautés locales le 15 octobre dernier. Au-delà de la distribution de 200 kits aux femmes vulnérables, cette visite a été marquée par un exercice d’écoute directe des besoins dans une région confrontée à une profonde insécurité alimentaire.

La présidente de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), Kate Forbes au chevêt de la population

L’Extrême-Nord du Cameroun continue d’attirer l’attention des instances humanitaires internationales. Le 15 octobre 2026, une importante délégation conduite par Kate Forbes, présidente de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), s’est rendue à Yagoua. Elle était accompagnée de Cécile Akame Mfoumou, présidente nationale de la Croix-Rouge camerounaise, d’Alberto Bocanegra (chef de délégation de l’IFRC pour le cluster de Yaoundé) et d’Olivier Muvunyi, chef de la sous-délégation du CICR pour l’Extrême-Nord. L’objectif de cette visite était double.

D’une part, rencontrer les communautés locales avec une attention particulière portée aux femmes. D’autre part, procéder à la distribution de kits à 200 femmes, épouses et mères de plusieurs enfants, afin de renforcer leurs capacités face à l’insécurité alimentaire.
Le choix de Yagoua, chef-lieu du Mayo-Danay, n’est pas anodin. Bien que située à l’écart des foyers de violence les plus intenses de la région (Logone-et-Chari, Mayo-Sava), la localité subit de plein fouet les contrecoups de la crise sécuritaire qui secoue le bassin du Lac Tchad depuis plus d’une décennie. Déficit pluviométrique, hausse des prix des céréales, baisse des revenus agricoles et afflux de populations déplacées : les indicateurs de la sécurité alimentaire y sont au rouge.

Dans ce contexte, les femmes apparaissent comme les premières victimes de la précarité. Chargées de nourrir et de soigner les enfants, elles sont souvent contraintes de réduire leurs propres rations pour faire survivre la famille. L’action de la Croix-Rouge, à travers cette distribution, s’inscrit donc dans une logique d’urgence, mais aussi de soutien à la résilience des ménages.
Ce qui distingue cette intervention, au-delà de l’aide matérielle, c’est la méthodologie employée. Les responsables humanitaires échangent avec les femmes dans le cadre d’un « Focus group ». Cette rencontre participative permet aux bénéficiaires de « partager leurs expériences, de présenter les difficultés auxquelles elles sont confrontées au quotidien et de témoigner des changements induits par l’assistance ».

Cette approche, de plus en plus prônée par les organisations non gouvernementales, vise à rompre avec l’assistanat pur. Il s’agit d’écouter la « voix » des bénéficiaires pour mieux adapter les réponses humanitaires. Selon les acteurs sur le terrain, l’écoute directe permet de cerner les besoins réels (par exemple, si les kits doivent contenir de la nourriture, des intrants agricoles ou des produits d’hygiène). Pour les bénéficiaires, dont plusieurs assument d’importantes responsabilités familiales, ce geste représente, selon le journal, un « geste de solidarité dans un contexte où les besoins demeurent importants ».
Cette visite est marquée par la réussite de l’opération et la gratitude des femmes (chants et danses lors de la remise des kits). Il convient de souligner que la distribution de 200 kits, bien que louable, reste une goutte d’eau face à l’ampleur des besoins dans le département du Mayo-Danay. L’approche de la Croix-Rouge, axée sur le renforcement des capacités, pourrait nécessiter un accompagnement sur le long terme (activités génératrices de revenus, accès à l’eau, etc.).
La visite de Kate Forbes à Yagoua illustre la mobilisation de la communauté internationale face à la détresse des populations de l’Extrême-Nord. L’écoute des femmes, si elle est suivie d’effets concrets, pourrait être la première étape d’une réponse plus adaptée et plus juste.

Tom

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