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Dans le Logone-et-Chari : l’aventure pédagogique de militaires camerounais

Ces derniers ont eu à coeur de relever l’éducation dans les localités de Souargué et Boungour. Entre 2015 et 2017, au plus fort de la lutte contre Boko Haram.

Ecole sous l’arbre à Boungour, sous l’encadrement des marins

La scène inhérente met en vitrine des militaires camerounais face à des enfants des villages Boungour et Souargué dans le Logone-et-Chari. Ces derniers s’y sont investis à restaurer l’école au profit de la jeune génération. L’école sous l’arbre y a pris fin au plus fort des incursions de la secte islamiste. Privant de ce fait des centaines d’enfants d’éducation. « Nous enseignions aux enfants les connaissances de base, la lecture, les calculs… Nous avions essayé dès le début de mettre ces enfants au niveau. C’est vrai qu’en arrivant, nous avions trouvé environ dix, douze enfants qui avaient fréquenté jusqu’au CM1. Donc l’année suivante, après les avoir instruits pendant neuf mois, nous les avions présentés au CEP. Huit d’entre eux ont réussi avec brio cette année-là. Le maire et le colonel nous ont félicité pour cet exploit », raconte Simplice (nom d’emprunt) marin alors en fonction à la Force multinationale mixte et agissant comme directeur de l’école créée à Boungour.

Réponses aux besoins
Les écoles nées à Boungour et à Souargué sous l’initiative des marins camerounais visaient au préalable à réduire les obstacles à la communication avec les populations. L’initiative finit par prendre de l’ampleur avec l’appui du Haut-commandement. Elle passe d’une école sous l’arbre à un projet de construction d’infrastructures scolaires. Il en ressort un bloc de six salles de classe en matériaux définitifs en terre. Le tout, grâce à des appuis financiers de la mairie de Makary, du haut commandement et des dons individuels. « On a envoyé de l’argent à Kousseri. On nous a acheté des tableaux et de l’ardoise. Et nous avons confectionné nous-mêmes des tableaux et on a commencé à enseigner sous les arbres jusqu’à la première attaque de Boko Haram. Nous avions perdu ce jour-là deux enfants. C’est là qu’on a réfléchi qu’il fallait faire des mottes de terre. Nous avons commencé par la SIL jusqu’au cycle complet. Nous avons construit six salles de classe et le maire de Makari en a fait tôler trois. Nous avons fait les évaluations pour déterminer le niveau de chaque enfant afin de pouvoir affecter chacun dans la classe qui sied à son niveau », explique-t-il.
Les événements cités supra se situent dans une période la plus charnière de l’histoire du terrorisme au Cameroun. Boko Haram multiplie des attaques au Cameroun, tue des civils, attaque des postes de garde des forces armées, procède à des enlèvements de civils, des pillages entre autres. Un mécanisme de vigilance est de se fait mis en place autour de l’école de Boungour. Objectif, protéger les enfants dans cet environnement hostile. Les populations d’abord suspicieuses apportent leur soutien. L’engouement populaire est à son paroxysme. « Les rapports avec les populations étaient cordiaux. Malgré les nombreuses tentatives d’attaque, chaque fois que la population était informée, elle nous prévenait. En particulier le Lawan (chef du village) et le comité de vigilance. Ils nous alertaient toujours pour que nous nous préparions aux événements à venir. Nous étions en alerte permanente. Sans ces bons rapports, nous ne serions jamais sortis vivants de cette zone », souligne Simplice.

La fin de l’école
Les activités scolaires ont ainsi suivi leur cours durant deux années, de 8h à 15H. Le groupe de marins camerounais alternant entre leurs obligations de sécurisation et de défense du territoire national et leur action sociale. Le tout, en coordination avec les autorités militaires, administratives et traditionnelles locales. Le ministère de l’Education de base supervise ces activités, c’est ainsi qu’ont régulièrement lieu des sessions de renforcement de capacité de ces enseignants d’un autre genre. C’est dans cette ambiance que survient en 2016, une invitation à participer à la grande parade de la Fête de l’Unité à Makary, localité frontalière avec le Nigéria et le Tchad. Cet évènement qui se tient traditionnellement le 20 mai a connu la participation exceptionnelle d’un demi-millier d’enfants de Bongour et Souargué. Un an plus tard, soit le 25 mai 2017, Boko Haram attaque le village. L’acte est inattendu et survient dans l’après-midi, alors que les enfants viennent de regagner leurs domiciles respectifs. Les combattants de la secte mettent incendient les locaux nouvellement construits avant de s’attaquer au poste de défense. La riposte prend corps et des renforts sont envoyés dans l’urgence. Les assaillants sont repoussés et plusieurs trouvent la mort dans ces affrontements. Simplice quant à lui s’en sort avec une blessure par balle à la cuisse.

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