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Approvisionnement du marché : 4 importateurs agréés sur 5 sont invisibles sur le marché

En 2026, 34 opérateurs sont titulaires d’autorisations d’importation du poisson au Cameroun. Ils étaient une vingtaine en 2019. Mais moins d’une dizaine dispose de capacités opérationnelles avérées. Ce qui alimente les soupçons de fraude.

Importation du poisson ou la grande mafia

Face à la menace de pénurie de poisson importé agitée par le principal opérateur de ce secteur, le gouvernement dit être déterminer à encourager la production locale en demandant aux acteurs de réduire leurs quotas d’importation. Mais comment cette mesure peut-elle réduire la dépendance extérieure sans l’approvisionnement des marchés.

Après une hausse de 27,3% entre 2021 et 2022, se situant de ce fait à 241 798 tonnes pour une ardoise de 202,6 milliards de FCFA à la fin de l’exercice 2022, les importations de poissons ont diminué de 7 226 tonnes en volume et 20 milliards en valeur en 2023. Elles ont poursuivi cette tendance à la baisse, pour s’établir à 167,3 milliards à la fin de l’année 2024, soit 207 066 tonnes. Mais cette baisse était loin de traduire une véritable embellie. En 2025, les importations sont reparties à la hausse. 267 259 tonnes de poissons de mer congelés ont été achetées à l’étranger, soit 60 193 tonnes de plus qu’en 2024, pour une dépense totale de 230,8 milliards de FCFA ; en hausse de plus de 63 milliards de FCFA en glissement annuel, révèle le rapport 2025 de l’Institut National de la Statistique (INS) sur le commerce extérieur.

Selon rapport sur l’Economie camerounaise, publié par le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), les principaux pays d’origine d’importation du poisson sont : la Mauritanie, le Sénégal, l’Argentine, la Chine, le Vietnam, le Maroc et le Brésil. Quant aux sociétés qui importent, il y a CONGELCAM avec 80% du volume importé ; les autres 20% sont répartis entre les opérateurs suivants : CAMEROUN FRAIS, ETS ZUMI, GREEN SEA, LEHAS, QUEEN FISH et SCIMEX.

Fraude, favoritisme
Pourtant, le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA), Dr Taïga, a déclaré devant le Parlement, que son département ministériel a délivré des avis techniques d’importation à environ 34 opérateurs agréés dans le secteur du poisson et des produits halieutiques Ces autorisations permettent d’importer, au total, plus de 300 000 tonnes de poisson par an. Ce qui démontre que plusieurs acteurs sont habilités à intervenir sur ce marché.

Mais sur le terrain, moins de dix opérateurs sont identifiables. L’on se demande alors où sont installés les 27 autres. Disposent-ils des moyens financiers, logistiques et commerciaux nécessaires pour approvisionner effectivement le marché. En fait, comment ont-ils obtenu leurs autorisations d’importation ?
Cette situation alimente les soupçons de pratiques irrégulières. « Nous affirmons également que plusieurs de ces opérateurs bénéficieraient de décotes de droits de douane de l’ordre de 25 à 30%, avantages dont CONGELCAM S.A. ne bénéficie pas dans les mêmes conditions », dénonce Joseph Flavien Kankeu, responsable de la communication
L’entreprise crie à la discrimination et exige « une clarification des modalités de calcul des quotas, notamment en ce qui concerne les déclarations d’importation arrivées à expiration ; une application transparente et équitable des règles fiscales, douanières et administratives à l’ensemble des opérateurs ». De son côté, la Fondation camerounaise des consommateurs (Focaco) exige la publication des quotas réels attribués aux 34 importateurs agréés.

P. Nsoa

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