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Poisson rare, coût du bœuf en hausse : le panier de la ménagère sous tension

Cette situation vient alourdir les dépenses des ménages liées à la nutrition, dans un contexte de cherté généralisée des produits de première nécessité.

Ma r i e – F a -bienne Ongoula a achevé ses courses au marché après plus de deux heures passées dans cet espace marchand,
samedi 24 octobre 2026. Sa mine renfrognée, alors qu’elle franchit la cour commune de sa résidence locative, en dit long sur ses
péripéties. « Mon argent n’a pas suffi pour acheter tout ce que j’avais prévu. Le marché est impossible en ce moment
et le gros problème, c’est avec le poisson et la viande. Les congélateurs de Congelcam sont pratiquement vides. Les variétés
de poisson qui s’y trouvent même, tu ne peux pas attester de leur qualité. Il faut choisir au hasard. Mais même là, ce n’est pas moins cher.

Du coup, j’ai été obligée d’ajuster mes plans sur place. Il faut savoir ce qu’on doit diminuer, quelle quantité de quel
produit maintenir. C’est compliqué », explique la mère de famille. L’état des congélateurs de Congelcam,
principal distributeur de poisson au Cameroun, n’est pas nouveau en soi. La situation dure depuis plusieurs mois. Céline
Ongoula, 44 ans, en sait long sur cette contrainte.

Vendeuse de poisson à la braise, elle multiplie les stratagèmes pour acquérir sa matière première. « C’est difficile,
car Congelcam livre maintenant le poisson à ses partenaires. On ne retrouve plus facilement les stocks de cartons
pour faire le mariage [technique qui consiste à se mettre en petit groupe de femmes pour se partager des cartons de
poisson] comme on a l’habitude de le faire. On est obligées de nous passer l’info entre nous, ce qui nous permet de savoir
où aller acheter. Et ces petites poissonneries augmentent encore les prix. Le carton de maquereaux de 10 kilos est
à 25 000 F. Les prix peuvent augmenter certains jours, mais ce qui est vrai, c’est qu’on ne trouve pas le bon maquereau
au marché. C’est beaucoup plus le chinois », souligne-t-elle. L’impact de cette hausse des prix sur le marché se
fait ressentir directement sur son commerce. « Je suis obligée de vendre un maquereau braisé à 2 000 FCFA et les clients
boudent parce que c’est cher. Je privilégie maintenant d’autres variétés de poisson, comme le poisson-pomme, la
carpe noire, parce que leurs cartons coûtent environ 17 000 FCFA. Mais les clients n’apprécient pas trop », indique-t-elle.
La hausse du boeuf .

La viande de boeuf n’offre à son tour aucun répit aux ménagères. Celle-ci, en hausse de 500 F depuis le début de l’année en cours, coûte désormais 3 500 FCFA pour le kilo de viande sans os et 3 000 FCFA pour celui avec os. La raison de cette hausse tient aux vicissitudes du transport. « Le problème est qu’avant, pour que les boeufs partent du Grand-Nord pour le Grand-Sud, tout se passait par train. Et les fournisseurs payaient 5 000 FCFA par tête de boeuf. On a interdit le transport des boeufs par train, aujourd’hui tout se gère avec les voitures. Et là, il faut payer environ 10 000 FCFA par tête », explique Abdou, vendeur
de viande de boeuf. La suite du discours de cet opérateur économique renvoie aux tracasseries des contrôles routiers. «
Sur la route, avant, nos fournisseurs devaient payer une somme fixe pour passer les points de contrôle. Maintenant, les
agents des contrôles mixtes exigent de payer environ 500 F par tête de boeuf. Cela fait des coûts supplémentaires et c’est
tout cela qui impacte le marché », poursuit-il.

Des pourparlers ont eu lieu en mai entre les acteurs de la filière et le ministère du Commerce, après un mouvement
d’humeur des bouchers. Aucune issue n’a cependant encore été trouvée. Les ménages camerounais, quant à eux, continuent
de jongler entre les prix pour répondre aux exigences de l’alimentation. « Il n’y a pas que la viande et le poisson.
Actuellement, c’est la saison pluvieuse et beaucoup de produits manquent sur le marché. Il n’y a pas d’oignons.
L’ail est cher, l’huile a légèrement augmenté, le macabo est depuis longtemps devenu un aliment qu’on ne touche
pas n’importe comment. Le manioc diminue sur le marché », mentionne Jacqueline Sohna, quinquagénaire en charge de
cinq enfants.

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