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Guinée Équatoriale – Maroc : Quand les ambassadeurs parlent bas, l’Afrique écoute

Sous les apparences d’un simple geste protocolaire, la visite d’Abdelkader Jamoussi au doyen du corps diplomatique révèle les lignes de force d’une diplomatie continentale en mouvement.

De droite à gauche, leurs Excellences Abdelkader Jamoussi et Armando Kote Echuaca

Il y a des visites de courtoisie, il y a également ce qu’elles racontent quand on gratte le vernis du protocole. Lundi 20 avril 2026, dans le calme feutré des salons diplomatiques de Yaoundé, S.E. Abdelkader Jamoussi, ambassadeur du Royaume du Maroc au Cameroun, s’est rendu chez S.E. Armando Kote Echuaca, ambassadeur de la République de Guinée équatoriale et doyen du corps diplomatique accrédité au pays de Paul Biya. Officiellement, rien de plus classique : une rencontre de courtoisie, les usages, les civilités, la liturgie des chancelleries. Officieusement, un geste qui pèse plus lourd que sa politesse. Car la diplomatie aime les mots modestes pour les intentions vastes. Une « visite de courtoisie » peut être un simple salut ; elle peut aussi ressembler à une note de bas de page dans le grand récit des équilibres régionaux. Ici, les spécialistes des relations internationales y voient un signal net : Rabat continue de tisser, maille après maille, sa toile diplomatique sur le continent. Depuis plusieurs années, le Maroc avance avec méthode. Investissements, partenariats universitaires, coopération sécuritaire, diplomatie culturelle : le Royaume chérifien cultive une présence qui ne relève plus du symbole mais d’une stratégie d’influence assumée. « Ce type de rencontre relève d’une diplomatie de positionnement », analyse un expert des dynamiques géopolitiques africaines. En outre : on vient saluer le doyen, mais on parle aussi à toute la scène diplomatique.

En face, la Guinée équatoriale n’est pas un figurant. Membre clé de la CEMAC et voisin immédiat du Cameroun, Malabo reste un acteur dont la voix compte dans les jeux de stabilité sous régionale. La rencontre prend alors des allures de conversation à plusieurs étages : courtoisie en façade, concertation en profondeur. À Yaoundé, capitale discrète des apartés diplomatiques, les gestes comptent parfois davantage que les communiqués. Une poignée de main, un sourire, quelques phrases choisies, et voilà tout un message adressé à l’Afrique centrale : la coopération, ici, se construit aussi dans le murmure des salons. Le reste appartient à cet art si particulier des relations internationales : dire peu, signifier beaucoup. Quand les ambassadeurs parlent bas, l’Afrique écoute Mme Chamberlain Anna Helena Louise À New York, les murs de verre de l’ONU réfléchissent moins la lumière du printemps qu’ils ne renvoient les fractures d’un monde en miettes. Derrière les sourires calibrés, les poignées de main millimétrées et les déclarations aux accents feutrés, la bataille pour la succession d’Antonio Guterres a déjà commencé. Comme souvent sous les plafonds diplomatiques, ce qui se joue dépasse largement les candidatures : c’est une certaine idée du multilatéralisme qui cherche son dernier souffle. Rafael Mariano Grossi avance avec l’allure d’un homme du moment. Le patron de l’AIEA a pour lui le tempo de l’époque : nucléaire, guerre, vertige stratégique.

Entre Zaporijjia, où l’atome tremble au rythme des canons russes, et le dossier iranien, où chaque virgule peut valoir une crise, l’Argentin incarne la figure du négociateur aguerri. Polyglotte, omniprésent dans les médias, il sait parler aux chancelleries comme aux caméras. À l’heure où les puissances permanentes du Conseil de sécurité se comportent davantage en propriétaires querelleurs qu’en gardiens de la paix, son profil rassure. Ou inquiète, selon le camp. Face à lui, Rebeca Grynspan cultive une autre musique : moins martiale, plus diplomatique, presque soyeuse. Son parcours, du Costa Rica à la CNUCED, dessine une ligne de crête entre économie politique et médiation internationale. L’accord sur les céréales ukrainiennes, arraché entre Kiev et Moscou, dit assez son savoir-faire : obtenir un compromis là où les obus parlent plus fort que les diplomates. Son histoire personnelle, marquée par l’exil et la mémoire de la Shoah, donne aussi à sa candidature une densité humaine que les CV technocratiques peinent souvent à offrir. Puis, il y a Macky Sall. Le seul Africain en lice, paradoxe cruel, sans véritable soutien africain. Voilà qui résume à lui seul l’état de la scène diplomatique : les candidatures ne vivent pas seulement de stature, elles survivent d’alliances. Or celles-ci lui font défaut. Contesté jusque dans son propre pays, fragilisé par le souvenir sanglant des crises politiques sénégalaises, l’ancien président semble arriver à New York lesté d’un passé plus lourd que son ambition. Mais au fond, la question n’est peut-être pas de savoir qui succédera à Guterres.

La vraie interrogation est presque tragique : que reste-t-il à diriger ? Une ONU marginalisée en Ukraine, impuissante à Gaza, spectatrice au Soudan, contestée jusque dans sa légitimité par les grandes puissances qui l’ont façonnée. L’institution ressemble parfois à un vieux paquebot somptueux, toujours debout, mais dont la salle des machines ne répond plus. Le prochain secrétaire général n’héritera pas d’un poste, mais d’un champ de ruines diplomatiques. Il lui faudra parler à Washington sans s’y soumettre, regarder Moscou et Pékin sans détourner les yeux, rappeler au monde que le droit international n’est pas un accessoire de conférence de presse. Mission quasi impossible, donc parfaitement onusienne. On serait tenté d’y voir la chronique d’une maison commune qui fuit de partout pendant que ses copropriétaires débattent de la couleur des rideaux. Pourtant, au milieu du cynisme ambiant, demeure une évidence têtue : malgré ses échecs, l’ONU reste le seul théâtre où le monde continue, tant bien que mal, à se parler plutôt qu’à se tirer dessus. C’est peu. C’est immense. Et c’est peut-être, pour le XXIe siècle, sa dernière raison d’être. Reste à savoir si le futur locataire saura sauver la scène avant l’extinction… ONU : qui pour recoller le monde cassé ? GUINÉEÉQUATORIALE– MAROC Jean-René Meva’a Amougou Ongoung Zong Bella Sous les apparences d’un simple geste protocolaire, la visite d’Abdelkader Jamoussi au doyen du corps diplomatique révèle les lignes de force d’une diplomatie continentale en mouvement. Selon les projections du FMI pour 2031, l’Afrique se prépare à un classement économique où les cartes seront rebattues avec un sourire en coin. Dix pays figurent sur la liste de ceux qui « seront les plus riches d’Afrique en 2031 ».

L’Égypte caracole en tête, suivie de l’Afrique du Sud et du Nigeria, trio de poids lourds qui joue à qui sera le plus grand sans trop regarder dans le rétroviseur. Derrière, l’Algérie, le Maroc, l’Éthiopie ou encore le Kenya s’invitent à la fête, chacun avançant ses pions entre pétrole, démographie et ambitions industrielles. Plus bas, la Côte d’Ivoire et la RDC rappellent que la croissance aime les surprises. Ironie de l’histoire : les géants d’hier devront désormais composer avec de nouveaux challengers, tandis que les économistes du FMI jonglent avec des milliards comme d’autres avec des jetons de casino. Une Afrique en mouvement, donc, où la richesse future se dessine entre promesses, réformes et un optimisme parfois têtu. Entre prévisions et réalité, les économistes rappellent que ces chiffres restent une photo floue d’un film en tournage. 10 De droite à gauche, leurs Excellences Abdelkader Jamoussi et Armando Kote Echuaca4 INT

Ongoung Zong Bella

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