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Unité nationale et Tabaski : dans les eaux troubles de la vie chère

Les préparatifs de l’Aïd-el-kébir sont timides à Yaoundé, le bélier la « star » de la cérémonie se fait rare entrainant de la surenchère sur le portefeuille des fidèles.

La communauté musulmane célèbre le 27 mai prochain la fête de la Tabaski. Pour ce qui est des préparatifs, ce n’est pas la grande effervescence des années précédentes. Deux raisons expliquent ce manque d’enthousiasme : la vie chère, et la flambée du prix du mouton. Selon Abdoulaye Ali, le mouton est rare. Lorsqu’on fait un tour dans les différents marchés notamment la Briqueterie, Etoudi, marché 8è, Mokolo, le constat qui saute à l’œil nu est qu’ils ne sont pas encore ravitaillés. On est à une semaine de l’Aïd-el-kébir c’est inquiétant. « Généralement à trois semaines de l’évènement l’on observe des camions qui viennent du septentrion et d’ailleurs pour ravitailler les marchés de Yaoundé, cette année, ce n’est pas le cas, pour ce qui est de la cause, on ne sait pas », constate-t-il. Pour l’heure, il est impossible d’avoir une bête aux prix raisonnables.

Les prix du mouton oscillent entre 180000 FCFA et 200000 FCFA. «On observe une hausse des prix du mouton contrairement à l’année dernière où il coutait 70 mille FCFA et 80000 FCFA et 95000 FCFA à ces prix les fidèles musulmans aux revenus financiers moyens satisfaisaient leurs familles et les amis », regrette Abdoulaye Ali, fidèle musulman. « En revanche, la Tabaski de cette année ce sont les fidèles qui ont les moyens qui vont se procurer le bélier », poursuit-il. C’est le même son de cloche pour Abdoulaye, père de famille « le mouton est hors de portée pour plusieurs ménages, le contexte socio-économique est très tendu, l’arrivage n’est pas comme avant, les prix baissaient à l’approche de la fête. Maintenant c’est le contraire ». Dans son planning, il a prévu aller passer la Tabaski en famille dans l’Extrême-Nord, dans le Diamaré dans l’arrondissement de Méri. « D’ici deux ou trois jours je vais voyager, mais pour l’heure, les agences de voyage sont prises d’assaut. Il n’y a plus de véhicules. Tous ceux-là qui s’apprêtent à voyager, le tarif du transport devient de plus en plus cher », déplore, Abdoulaye, fidèle musulman, père de famille.

L’Unité Nationale
Le Cameroun a célébré la 54 è édition de la fête de l’Unité nationale. Pour les fidèles musulmans la conjoncture ne saurait les émousser à porter les prières vers le Créateur pour la paix au pays. Au-delà des contraintes matérielles, l’esprit de la Tabaski demeure. Pour Abdoulaye, comme pour de nombreux fidèles, la fête est un moment de communion et d’introspection. «Toutes nos prières c’est pour que notre pays soit dans la stabilité socio-culturelle et économique », confie-t-il. Une semaine après la célébration de la fête de l’Unité nationale le 20 mai, il souhaite que l’Aïd-el-kébir se déroule sous le sceau du vivre-ensemble « socle de de notre vie ». A six jours du la fête du sacrifice, entre budgets serrés et organisation millimétrée, les musulmans gardent le cap. L’objectif reste le même : « perpétuer une tradition fondée sur le partage, la solidarité et la foi, malgré les aléas », conclut une autre fidèle musulman, optimiste pour les préparatifs.

Olivier Mbessité

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