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Pour accélérer sa révolution financière : la BEAC regarde vers Pékin

Transformation numérique, traçabilité des flux financiers et place du yuan dans les réserves de change : la banque centrale de la CEMAC explore de nouveaux leviers avec le géant chinois Huawei.

BEAC -Huawai : le partenariat est amorcé

Les relations économiques entre l’Afrique centrale et la Chine changent de dimension. Désormais, c’est aussi sur le terrain monétaire et technologique que se joue le rapprochement. Vendredi 3 juillet, au siège de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), à Yaoundé, le gouverneur de l’institution a reçu une délégation de Huawei Digital Finance conduite par Fernando Liu, président de la division « Banque centrale ». Une rencontre qui ouvre la voie à un partenariat stratégique autour de la modernisation des infrastructures financières de la CEMAC.

Propositions
Face aux responsables de la banque centrale, Huawei a présenté sa vision d’une finance plus résiliente et davantage numérisée. Le groupe chinois a mis en avant son expertise dans la transformation des banques centrales grâce à des infrastructures cloud sécurisées, à l’intelligence artificielle et aux solutions de monnaie numérique de banque centrale (MNBC), désormais expérimentées dans plusieurs pays.
Mais, au-delà de l’aspect technologique, les échanges ont rapidement pris une dimension économique et géopolitique.

Priorités
Le gouverneur de la BEAC a insisté sur la nécessité pour la CEMAC de mieux capter les flux financiers générés par un commerce avec la Chine qui ne cesse de progresser. L’objectif affiché est de parvenir à une traçabilité complète des transactions afin de renforcer la transparence, de réduire les circuits informels et de mieux sécuriser les recettes issues des échanges extérieurs.
Autre sujet majeur : la diversification des réserves de change. La possibilité d’intégrer le yuan chinois parmi les devises de réserve de la BEAC a été évoquée. Une orientation qui répond à une logique économique autant que stratégique. En utilisant davantage la monnaie chinoise dans les échanges, les opérateurs pourraient limiter les coûts liés aux conversions successives entre le franc CFA, l’euro, le dollar et le yuan, tout en fluidifiant les transactions commerciales.

Cette réflexion traduit également la volonté de la banque centrale d’adapter sa politique monétaire à l’évolution des partenariats économiques de la sous-région.

Alors que la Chine s’impose comme le premier partenaire commercial de la CEMAC, la question de l’adéquation des instruments financiers devient incontournable.

Les discussions devraient connaître un prolongement diplomatique dans les prochaines semaines. Une visite officielle du gouverneur de la BEAC auprès du gouverneur de la Banque populaire de Chine est en préparation afin d’examiner les modalités d’une coopération plus structurée.

Pour la BEAC, l’enjeu dépasse la seule innovation technologique. Il s’agit de construire une architecture financière plus moderne, plus transparente et mieux adaptée aux nouvelles réalités économiques d’une Afrique centrale de plus en plus connectée aux grands circuits commerciaux asiatiques.

Jean-René Meva’a Amougou

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