Insécurité dans le Bassin du Lac Tchad : 5700 décès enregistrés en 8 mois

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) décrit une situation sécuritaire en forte dégradation et aggravée par des déplacements forcés massifs.

Des groupes armés non étatiques ont mené près de 1800 incidents sécuritaires contre des civils. Notamment des attaques, des meurtres, des enlèvements, des explosions, des affrontements entre groupes armés et des raids contre des villages. Toutes ces exactions ont conduit au décès de 5700 personnes, a rapporté le directeur adjoint du HCR pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, Andrew Wyllie, lors d’un point de presse à Genève le 3 juillet 2026. Ces données donnent une vue globale d’un phénomène en cours dans le Bassin du Lac Tchad : celui de l’inversion progressive de la récente stabilité observée dans cette partie du continent africain.
Dans cet environnement infernal, les civils paient le lourd tribut et les femmes sont de plus en plus nombreuses à porter les séquelles physiques de la violence exacerbée. « Le nombre de personnes connaissant des survivantes de violence aurait augmenté pour atteindre 27 % à ce jour en 2026, contre 19 % en 2025, ce qui indique une dégradation de la situation en matière de protection, dans un contexte de sous-déclaration importante, les survivantes dépendant de réseaux de soutien familiaux et communautaires déjà fragilisés ». Nul n’est épargné. Les enfants non plus. Ces derniers subissent les affres des conflits, du déracinement en plus des effets durables de l’arrêt prématuré de l’éducation scolaire. « Dans les zones les plus touchées, près de la moitié des enfants ne sont pas scolarisés, une proportion qui dépasse 78 % dans la province du Lac au Tchad », apprend-on.
Les déplacements humains restent l’unique voie de salut pour les populations prises entre les feux des groupes armés. Ce qui contribue à complexifier davantage la crise humaine dans le Bassin du Lac Tchad. A en croire Andrew Wyllie, 77 500 personnes ont été contraintes au déplacement au Cameroun, au Tchad, au Nigeria et au Niger, depuis le début de l’année. Résultat : plus de 3,5 millions de personnes ont été déplacées de force, tandis que 8,2 millions ont besoin d’une aide humanitaire. Ces derniers font face à divers défis parmi lesquels l’accès aux ressources naturelles (bois, eau, denrées alimentaires, etc.) dont une juxtaposition sur le nombre de déplacés permet de mesurer l’immensité des besoins. Dans des zones affectées au demeurant par des crises écologiques et de bas niveaux de développement.
Louise Nsana



