Transport de marchandises : quand les tricycles font ombrage aux Dynas

Récits de quelques propriétaires de Dynas qui peinent à tenir le coup face aux tricycles.

Déménagements, port des parpaings, de planches, de tôles, etc. La liste n’est pas exhaustive? Bien au contraire, elle rappelled une réalité, le transport des marchandises n’est l’apanage des propriétaires de dynas dans la capitale camerounaise et ses environs. Les tricycles ont réussi à briser cette hégémonie et prennent de plus en plus d’espace. Dagobert est propriétaire d’une dyna avec laquelle il travaille pour gagner sa vie depuis 10 ans. Son périmètre stratégique part d’Awae-escalier jusqu’à Mfou. Mais depuis la proliferation des motos à trois roues, plus connu sur le nom de tricycles, les choses ne sont plus les mêmes. Aujourd’hui, il a de peine à aligner des chiffres dans son cahier comptable. Du moins, suivant le rythme d’avant. “Les tricycles ont cassé les prix. Pour un tour où on prenait 7 000 FCFA le tricycles prend 2 500 FCFA. Je ne parviens pas à faire le moindre tour aujourd’hui. Alors que je pointais au minimum 35 000 FCFA à 40 000 FCFA la journée. Maintenant je négocie avec les conducteurs de tricycles pour avoir quelques tours. Actuellement je cherche à vendre ma dyna pour acheter une voiture et faire le clando Mfou-Yaoundé pour avoir l’argent. L’autre option est d’acheter un tricycle et faire comme nos rivaux », évoque le chauffeur.
La presence de ces opérateurs constitue un challenge supplémentaire pour Papa Mbarga. Ce quinquagénaire énéficiait d’un niveau de vie confortable en portant les marchandises auprès des quincailleries qui foisonnent dans cet endroit. Mais aujourd’hui, la concurrence est rude. Les clients d’antan ne sollicitent plus ses services avec le même empressement. Les grandes enseignes ont désormais les tricycles et offrent les services de livraison à leur clients, « du jour au lendemain ont a observé des scènes bizarres. Nous ne recevons plus les appels venant des quincailleries. On a commencé à voir des tricycles occupés nos positions habituelles. Après, ont les voit porter les mêmes produits que nous (ciment, tuyau, fer, tôles et autres). C’est en ce moment que je réalise que le coup d’état commercial c’est produit», affirme papa Mbarga. Sa manne financière perdue, papa Mbarga est obligé de se reconvertir. Il fait désormais la ligne Ngomedzap-Mvog-Atangana Mballa, « Actuellement, je privilégie le transport des vivres. Je pars chercher les femmes dans mon Ngomedzap natal pour Yaoundé. Ce transport me permet même d’être au parfum des problèmes de mon village et se ma famille », se réjouis le chef de famille.
Pour ne pas subir la dictature des tricycles, Anne K, une femme d’affaires se voit contrainte d’ouvrir une fabrique de parpaings. Elle définit les fonctionnalités de ses deux camionnettes. L’un transporte les parpaings, tandis que l’autre livre de l’eau, « À peine j’achète mes deux Dynas que je me rends compte que je serai perdante si on me verse la recette. J’étais obligé d’ouvrir très rapidement une fabrique et diminuer le coût de transport », assure la femme d’affaire. Tout système d’adaption mis en place, Anne K. fait désormais un retour sur investissement. Ses pensées sont désormais portées au développement de son business.
André Gromyko Balla



