À Yaoundé : le Canada déroule le tapis des affaires
À la Chambre de Commerce Canada-Afrique, les entrepreneurs camerounais découvrent un marché canadien ouvert, structuré et plein de promesses.

À PROMOTE 2026, les stands se succèdent, les langues se mélangent et les cartes de visite circulent à un rythme soutenu. Au milieu de cette effervescence qui caractérise la dixième édition du Salon international de l’entreprise, de la PME et du partenariat, un espace attire particulièrement les curieux : celui de la Chambre de Commerce Canada-Afrique (CCCA). Depuis plusieurs jours, entrepreneurs, porteurs de projets et simples visiteurs s’y arrêtent pour s’informer sur les possibilités qu’offre le marché canadien.
« Il y a un lien important entre les entreprises africaines et canadiennes. Donc pour moi, c’est incontournable si l’on veut faire des affaires », explique Karine Nadeau, présidente et fondatrice de Buziness.Ca et stratège organisationnelle. Selon elle, la forte affluence enregistrée depuis l’ouverture du salon témoigne de l’intérêt croissant des opérateurs économiques pour les échanges entre le Canada et le continent africain.
Au fil des rencontres, les questions reviennent souvent : comment exporter ses produits ? Quelles sont les formalités ? Existe-t-il des partenaires potentiels ? Autant de préoccupations auxquelles la Chambre de Commerce tente d’apporter des réponses concrètes.
L’agriculture figure parmi les secteurs les plus prometteurs. Pour les promoteurs de produits transformés, notamment les fabricants de jus, le marché canadien représente une opportunité encore largement sous-exploitée. « Il y a des personnes qui veulent consommer ces produits. Notre rôle consiste à permettre aux entreprises d’avoir accès aux contacts et aux consommateurs afin de soutenir les jeunes structures à la recherche de débouchés », souligne Karine Nadeau.
Digital
Le numérique et les nouvelles technologies constituent un autre axe de coopération. L’intelligence artificielle, les services numériques ou encore les expertises techniques ouvrent de nouvelles perspectives d’échanges entre les deux espaces économiques. « Les échanges entre l’Afrique et le Canada deviennent de plus en plus importants. Il est aussi vrai que les relations entre l’Afrique et l’Europe se portent bien », observe la responsable canadienne.
À quelques jours de la clôture du salon, les sollicitations continuent d’affluer. Beaucoup souhaitent comprendre les modalités d’accès au marché canadien et les mécanismes d’accompagnement disponibles. Car la Chambre de Commerce Canada-Afrique ne se limite pas à la mise en relation entre entreprises. Elle propose également des formations, des conférences spécialisées, des séances d’information et des rendez-vous d’affaires destinés à faciliter les opérations d’import-export.
Pour les entrepreneurs africains installés au Canada, des rencontres sont régulièrement organisées, notamment au Québec, afin d’échanger sur les pratiques commerciales et les opportunités d’investissement. « Nous organisons des rencontres pour entretenir les entrepreneurs sur les questions d’import-export », précise Karine Nadeau.
Au terme de ces premiers jours de Promote 2026, la satisfaction est palpable. Pour la présidente de Buziness.Ca, le déplacement au Cameroun a déjà porté ses fruits. « Mon voyage au Cameroun au Salon de l’entreprise est 100 % rentabilisé », se réjouit-elle.
Présente au Cameroun depuis 1998, la Chambre de Commerce Canada-Afrique œuvre au renforcement des relations économiques et commerciales entre Yaoundé et Ottawa. Elle se veut un pont entre les deux nations, avec pour ambition d’accompagner les entreprises dans leurs projets d’expansion internationale.
Sa vision est claire : faire du Cameroun une porte d’entrée privilégiée des investissements canadiens en Afrique centrale et bâtir un réseau d’affaires dynamique reliant les deux continents. Une ambition qui, à en croire l’affluence observée à Promote 2026, semble trouver un écho grandissant auprès des entrepreneurs camerounais.
Au Palais des congrès de Yaoundé, où se croisent ambitions locales et horizons internationaux, le Canada n’est plus une destination lointaine. Il apparaît désormais comme un marché à conquérir et un partenaire avec lequel les acteurs économiques camerounais entendent écrire de nouvelles pages de coopération.
Olivier Mbessité



