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Le marché financier fait les yeux doux aux entrepreneures

À PROMOTE 2026, la COSUMAF est venue convaincre les femmes de la CEMAC que la croissance de leurs entreprises peut aussi se financer sur les marchés, loin des seuls guichets bancaires.

Photo à l’issue d’un masterclass de la Cosumaf sur le soutien de l’entrepreneuriat féminin

Longtemps tributaires des crédits bancaires classiques et des mécanismes de microfinance, les femmes entrepreneures de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sont appelées à diversifier leurs sources de financement. À l’occasion de la 10e édition du Salon international de l’entreprise, de la PME et du partenariat (PROMOTE 2026), la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF) a placé cette problématique au cœur d’un master class consacré aux outils du marché des capitaux.

Organisée au Palais des Congrès de Yaoundé sous le thème « Du projet à la croissance : le marché financier au service de l’entrepreneuriat féminin », la rencontre a réuni des porteuses de projets, des spécialistes de l’investissement et des acteurs du secteur financier autour d’une même ambition : familiariser les femmes avec des mécanismes encore largement méconnus dans la sous-région.

Au-delà de la sensibilisation, la démarche de la COSUMAF traduit une volonté plus large de démocratiser l’accès au financement et de faire du marché financier un vecteur de développement économique. Pour l’institution communautaire, les marchés de capitaux ne doivent plus être perçus comme un univers réservé aux grandes entreprises ou aux investisseurs institutionnels. « Le marché financier est accessible à tout le monde. Il soutient le financement de nos économies en dehors des voies conventionnelles que sont les crédits bancaires et les bailleurs de fonds extérieurs à la sous-région », explique Salvador Mangue Ayingono, secrétaire général de la COSUMAF.

Dans un contexte où les besoins de financement des petites et moyennes entreprises demeurent considérables, l’institution entend favoriser une plus grande inclusion financière et promouvoir l’émergence de nouveaux instruments capables d’accompagner la croissance des activités portées par les femmes. « Nous souhaitons faire du marché financier de l’Afrique centrale un outil complet de transformation économique, au service de l’emploi, de l’innovation et plus particulièrement au service de l’entrepreneuriat féminin », poursuit-il.

Cette ambition se heurte toutefois à plusieurs obstacles structurels. Les difficultés d’accès aux services financiers de base continuent de limiter les capacités d’investissement d’une partie importante des entrepreneures. Selon Ritha Django, directrice du développement commercial à Horus Investment Capital, plus d’une femme sur quatre ne possède toujours pas de compte bancaire, une situation qui réduit considérablement les possibilités de mobilisation de ressources pour développer leurs activités.
Ce déficit d’inclusion financière constitue l’un des principaux freins à la montée en puissance des entreprises féminines dans la sous-région. D’où l’importance, selon les intervenants, de renforcer l’éducation financière et d’accompagner les porteuses de projets dans la structuration de leurs initiatives.

L’objectif affiché par le master class est précisément de préparer les entrepreneures aux exigences des investisseurs, de leur permettre de constituer des dossiers plus robustes et de mieux appréhender les règles qui encadrent les opérations sur le marché financier.

Pour la COSUMAF, la question dépasse le seul enjeu de l’égalité économique. Le développement de l’entrepreneuriat féminin est considéré comme un levier de croissance susceptible d’avoir des effets d’entraînement sur l’ensemble des économies de la CEMAC. « L’entrepreneuriat féminin ne peut être un sujet marginal. Lorsque les femmes accèdent au financement, c’est tout l’écosystème qui se renforce avec la création d’emplois, la stimulation de l’activité économique et l’amélioration des revenus des ménages », affirme Salvador Mangue Ayingono.

Dans une région encore fortement dépendante du crédit bancaire, l’institution communautaire espère ainsi faire émerger une nouvelle culture financière. Un chantier de long terme, mais qui pourrait contribuer à élargir les possibilités de financement des PME et à donner davantage de place aux femmes dans la transformation économique de l’Afrique centrale.

Olivier Mbessité

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