Développement local : FEICOM ouvre la porte aux PME camerounaises

L’entreprise a exhorté les PME camerounaises à investir davantage dans les collectivités territoriales, présentées comme le nouveau front de la transformation économique du pays.

Pendant que PROMOTE 2026 déroulait son catalogue d’ambitions pour l’économie camerounaise, le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM) remettait les territoires au centre du jeu. Loin des grandes déclarations sur l’industrialisation ou la souveraineté économique, l’institution a misé sur un chantier moins spectaculaire, mais décisif : celui du développement local. Le 18 juin, au Palais des Congrès de Yaoundé, l’entreprise a réuni élus, experts et chefs d’entreprise autour d’une session thématique consacrée à sa « contribution à la transformation économique des territoires locaux » et aux opportunités offertes aux PME et PMI camerounaises. Une façon de rappeler que les communes et les régions ne sont plus seulement des démembrements administratifs, mais des espaces de création de richesses.
Aux commandes des échanges, Aloïse Biwole, directeur de la Coopération au sein de l’institution. Face à un public composé d’entrepreneurs et d’acteurs du développement, les différents panélistes ont défendu une idée simple : la décentralisation ne pourra produire ses effets sans un secteur privé local capable d’accompagner les investissements et les besoins des collectivités territoriales décentralisées (CTD).
Et derrière le discours institutionnel, les enjeux sont bien concrets. Construction d’infrastructures, équipements marchands, services urbains, valorisation des ressources locales, aménagement des espaces économiques : les besoins des communes se multiplient au rythme du transfert progressif des compétences de l’État central vers les collectivités. Une évolution qui ouvre de nouveaux débouchés pour les entreprises nationales.
Encore faut-il que ces dernières parviennent à s’y retrouver. Au cours des discussions, plusieurs responsables de PME et PMI ont dressé un état des lieux sans fard des difficultés auxquelles ils sont confrontés. Procédures jugées complexes, manque d’informations sur les opportunités disponibles, méconnaissance des mécanismes d’accompagnement ou encore difficultés d’accès aux marchés locaux : autant de contraintes qui freinent les ambitions des entrepreneurs.
Des préoccupations auxquelles les experts présents ont tenté d’apporter des réponses. Conseils pratiques, partage d’expériences et éclairages techniques se sont succédé avec un objectif : permettre aux opérateurs économiques de mieux comprendre l’écosystème des collectivités et les outils susceptibles de faciliter leur implantation.
Ambition
Au fond, le FEICOM cherche à provoquer une rencontre entre deux mondes qui se côtoient sans toujours se connaître : celui des collectivités territoriales, en quête de partenaires capables de porter des projets structurants, et celui des PME camerounaises, souvent à la recherche de nouveaux marchés dans un environnement économique plus concurrentiel.
Le pari n’est pas anodin. Car avec la montée en puissance de la décentralisation, les territoires sont appelés à devenir des acteurs économiques de premier plan. L’enjeu ne se limite plus à la fourniture des services publics de proximité. Il s’agit désormais de créer les conditions d’une croissance plus équilibrée et plus inclusive, en faisant des communes des pôles de développement capables d’attirer les investissements et de générer des emplois.
Dans cette perspective, le FEICOM entend jouer son rôle d’interface entre les collectivités et les opérateurs économiques. Une mission qui dépasse le simple financement des infrastructures pour embrasser une ambition plus large : faire émerger des territoires compétitifs.
À PROMOTE 2026, le message est apparu sans détour : le développement économique ne se construira pas uniquement depuis Yaoundé ou Douala. Il se jouera aussi dans les communes, au plus près des besoins des populations. Et pour les PME camerounaises, ces territoires pourraient bien constituer la prochaine frontière de la croissance.
Bobo Ousmanou



