Bia Sô Mengong 2026 : Ebolowa réarme son identité et s’ouvre au monde

À Ebolowa, la cinquième édition du festival Bia Sô Mengong n’est pas qu’une fête. Elle une prise de parole collective.

Lancée le 15 mai dernier sous l’égide de la Fondation Belinga et piloté par le Pr Steve Félix Belinga, l’événement (11–25 juillet 2026) se présente comme une thérapie identitaire destinée à retisser le lien entre l’homme de la forêt et ses racines, dans un pays et un monde où les repères culturels s’effilochent. En la matière, le Thème « Retour aux sources » sonne comme un rappel nécessaire. Il ne s’agit pas de s’enfermer dans le passé, mais de puiser dans les pratiques, les langues et les rites Ekang des ressources pour mieux affronter l’avenir.
Fraternisation
Ateliers, cérémonies, démonstrations culinaires et documentation des savoirs traditionnels composent un conservatoire vivant pensé pour transmettre aux plus jeunes des gestes et des récits trop souvent marginalisés. Au-delà de l’expression culturelle, la communauté Ekang explore la fraternisation dans toutes ses dimensions. C’est le sens à donner à la tenue ce 27 juin 2026, de la 2e édition du Festival Ekang Mbolo à Paris, en France. Lequel entend réunir des fils et filles Ekang du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée Equatoriale, de la République démocratique du Congo, de Sao Tomé et Principe et de la Guinée Conakry, autour de questions communes.
L’originalité du dispositif mis en place repose sur deux ambitions : la sauvegarde interne et le rayonnement externe. Il s’agit d’une part d’activer des leviers communicationnels en vue d’une restitution des enjeux culturels au grand public et d’une appropriation populaire du Bia so Megong. À l’international, le festival n’a pas l’intention de rester confidentiel. Une tournée médiatique est déjà en cours pour faire connaître Bia Sô Mengong à la diaspora et aux partenaires étrangers. L’idée : faire d’Ebolowa un point d’ancrage culturel reconnu, capable de dialoguer avec d’autres scènes et de valoriser les talents locaux. L’impact social est au cœur du festival. En promouvant un dialogue avec les peuples des montagnes et du Sahel, les organisateurs placent l’événement au service d’une diplomatie culturelle interne. Plutôt que de cristalliser les identités, Bia Sô Mengong mise sur la pluralité comme facteur de cohésion nationale un message précieux dans un contexte où la fragilité du lien social reste une préoccupation majeure.
La programmation, volontairement hybride, épouse ce double mouvement. Les espaces de transmission des savoirs traditionnels cohabitent avec des foires-expositions valorisant l’ingéniosité locale et des compétitions sportives qui renforcent l’empathie collective. Le volet musical, avec des têtes d’affiche grand public (Cysoul, K-Tino, X-Maleya, Coco Argentée, Petit Bozard), garantit un pont entre héritage et modernité, attirant un public large et diversifié.
Louise Nsana



