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Ralentissement économique du Cameroun : Célestin Tawamba tire la sonnette d’alarme

Réunis le 25 juin 2026 au siège du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM), à Bonanjo à Douala, les chefs d’entreprises ont assisté à une intervention particulièrement incisive de leur président.

Celestin Tawamba peint le tableau en noir

À l’occasion de l’Assemblée générale ordinaire de l’organisation patronale, Celestin Tawamba a dressé un diagnostic sans concession de l’économie camerounaise, multipliant les signaux d’alerte sur l’état du tissu productif national. Dans un discours d’une quarantaine de minutes, le président du GECAM a choisi de rompre avec toute langue de bois. Face aux adhérents, partenaires institutionnels et représentants du secteur privé, il a revendiqué le rôle critique du patronat. « Notre rôle n’est pas et ne sera jamais d’applaudir lorsque tout va bien et de se taire lorsque les difficultés apparaissent », a-t-il déclaré, réaffirmant ainsi la vocation du GECAM à porter la voix des entreprises, même lorsque celle-ci dérange.

Au cœur de son intervention, un constat préoccupant : le ralentissement continu de la croissance économique camerounaise. Selon le patron des patrons, la croissance est passée de 3,5 % en 2024 à seulement 3,1 % en 2025, un niveau largement insuffisant pour permettre au pays d’atteindre ses ambitions d’émergence à l’horizon 2035. À titre comparatif, l’Afrique subsaharienne affiche une croissance moyenne estimée à 4,5 %, tandis que les pays de l’UEMOA devraient enregistrer près de 6,4 %. Même au sein de la CEMAC, dont le Cameroun demeure pourtant la locomotive économique, les performances restent modestes.

Le président du GECAM a notamment insisté sur l’essoufflement du secteur pétrolier, longtemps considéré comme le principal moteur de l’économie nationale. La branche hydrocarbures aurait enregistré une contraction de 6,9 % en 2025, après un recul déjà significatif de 9,7 % l’année précédente. Pour Célestin Tawamba, cette tendance confirme l’urgence de diversifier davantage l’économie camerounaise et d’accélérer la transformation structurelle du pays.

Le secteur agricole n’échappe pas non plus aux difficultés. L’agriculture industrielle et d’exportation, autrefois dynamique, connaît un net ralentissement sous l’effet conjugué des aléas climatiques et de la baisse des volumes exportés. La filière coton illustre parfaitement cette situation : avec une production limitée à 286 000 tonnes, très loin de l’objectif des 400 000 tonnes fixé par les pouvoirs publics, la filière peine à retrouver son dynamisme d’antan.

Même les performances record enregistrées dans la filière cacao ne suffisent pas à dissiper les inquiétudes. Si la production nationale a atteint plus de 309 000 tonnes, les volumes exportés demeurent en baisse, révélant les limites persistantes de la transformation locale et de la compétitivité des entreprises camerounaises sur les marchés internationaux.

Au-delà des chiffres, Célestin Tawamba a surtout dénoncé un climat général d’attentisme qui, selon lui, fragilise la confiance des investisseurs. Lenteur des arbitrages administratifs, rareté des décisions structurantes, insuffisances énergétiques, pression fiscale élevée et faiblesse des infrastructures constituent autant de freins à l’investissement privé. « On investit dans un pays qui décide et non dans un pays qui attend », a-t-il martelé, appelant à une gouvernance plus efficace et à une accélération de l’exécution des projets publics.

À travers cette sortie remarquée, le président du GECAM entend placer les autorités face à leurs responsabilités. Plus qu’un simple constat, son intervention se veut un appel à l’action. Car pour le patronat camerounais, le temps du diagnostic est désormais révolu : l’heure est venue de transformer les promesses en résultats concrets afin de restaurer la confiance des investisseurs et relancer durablement la machine économique nationale.

Diane Kenfack

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