Sport et diplomatie : le pari franco-camerounais
Yaoundé et Paris ont engagé une réflexion commune pour placer le sport au cœur de leur partenariat.

À défaut de refaire le match de l’histoire, le Cameroun et la France ont choisi de dessiner ensemble le terrain des prochaines années. Cette fois, il n’est ni question de penalty litigieux ni de prolongations diplomatiques interminables : le ballon est dans le camp de la coopération sportive. Ce jeudi 2 juillet 2026, dans les locaux du ministère des Sports et de l’Éducation physique (MINSEP) à Yaoundé, les travaux de lancement de l’élaboration d’une feuille de route commune entre Cameroun et France ont officiellement été ouverts.
Présidée par Cyrille Tollo (conseiller technique au MINSEP), en présence de François Petithory (représentant le service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France au Cameroun), la rencontre visait à bâtir une stratégie commune, adaptée aux réalités locales et fondée sur une logique de Co-construction plutôt que sur la simple transposition de modèles extérieurs. Formation des éducateurs et des encadreurs, développement du sport scolaire, accompagnement des collectivités locales, professionnalisation des filières sportives, promotion du sport féminin ou encore insertion des jeunes par la pratique sportive figurent parmi les principaux axes de travail.
Chargé de présenter les contours du futur document stratégique, l’Expert technique international Sport a défendu une approche partenariale, rompant avec certaines pratiques héritées d’une coopération verticale où les solutions arrivaient souvent déjà emballées.
Le choix n’est pas anodin. Dans un pays où la jeunesse constitue la majorité de la population, le sport apparaît de plus en plus comme un outil de prévention, d’intégration et de citoyenneté. Un terrain de football, une piste d’athlétisme ou un gymnase peuvent parfois produire davantage d’effets sur le vivre-ensemble qu’une succession de circulaires administratives.
Pour la France comme pour le Cameroun, cette feuille de route constitue aussi un exercice de diplomatie d’influence assumée. Car au XXIe siècle, les relations internationales se jouent autant dans les stades, les écoles et les associations que dans les chancelleries. Entre Paris et Yaoundé, la coopération sportive entend désormais passer des intentions aux réalisations. Reste à transformer l’essai.
Ongoung Zong Bella



