Foi et engagement citoyen : des églises se réveillent à Yaoundé

Du 17 au 18 juillet prochain dans la capitale camerounaise, un sommet ambitionne de faire des Églises locales des semeurs d’espérance et des artisans du développement national.

Et si la chaire devenait aussi un espace d’innovation sociale ? C’est le pari des promoteurs du Sommet du Développement du Cameroun par les Églises locales, une rencontre destinée à rassembler des responsables d’Églises et des fidèles de toutes les confessions chrétiennes autour d’une ambition commune : faire des communautés chrétiennes des partenaires actifs du développement du pays.
L’initiative repose sur une conviction spirituelle forte : l’Église ne serait pas uniquement appelée à annoncer l’Évangile, mais également à manifester, dans les réalités quotidiennes, les valeurs du Royaume de Dieu en apportant des réponses concrètes aux défis de la société. Les organisateurs souhaitent ainsi former les participants afin qu’ils deviennent des « auxiliaires du développement du Cameroun », capables de collaborer avec les institutions publiques et les collectivités territoriales.
Contenu
Le programme de formation s’articule autour de plusieurs problématiques majeures qui préoccupent le pays : la crise des valeurs morales, l’incivisme, le déficit de patriotisme, le chômage des jeunes, les difficultés d’accès à une éducation de qualité, aux soins de santé, au financement des projets entrepreneuriaux, sans oublier la pauvreté et l’insécurité alimentaire. « Nous croyons que Dieu a placé dans chaque Église locale un potentiel de transformation qui dépasse les murs des temples. Lorsque les croyants mettent leurs dons, leurs compétences et leur engagement au service de la nation, ils deviennent des artisans de paix, de prospérité et de justice sociale », expliquent les organisateurs. Selon eux, cette démarche ne vise pas à se substituer à l’État, mais à accompagner son action dans un esprit de coopération et de service.
Grand-messe
Les promoteurs du sommet évoquent notamment des partenariats possibles avec plusieurs administrations, parmi lesquelles le ministère de l’Administration territoriale et le ministère de la Décentralisation et du Développement local. Leur ambition est de voir les Églises contribuer davantage aux politiques publiques à travers des projets d’éducation, de santé, d’entrepreneuriat, de solidarité communautaire et de promotion du civisme.
Au-delà de la dimension institutionnelle, les organisateurs insistent sur la nécessité d’un réveil spirituel. À leurs yeux, le développement durable commence par la transformation des consciences. « Le véritable développement naît lorsque les cœurs sont restaurés, que les valeurs bibliques inspirent les comportements et que chaque citoyen choisit de servir le bien commun. Une nation se bâtit autant avec des infrastructures qu’avec des hommes et des femmes de caractère », soulignent-ils.
À travers cette rencontre, les initiateurs espèrent susciter une nouvelle génération de leaders chrétiens engagés dans la cité, convaincus que la foi peut devenir un puissant moteur de cohésion sociale, d’espérance et de développement au service du Cameroun.
Jean -René Meva’a Amougou



