TaxiGO : à Yaoundé-Nsimalen, la nouvelle garde des chauffeurs prend le volant

Ils étaient 138 au départ. Ils ne sont plus que 57 dans le rétroviseur. Parmi eux, 50 décrocheront le volant, sept resteront en réserve. À l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, TaxiGO veut changer le premier contact des voyageurs avec la capitale camerounaise.

Jeudi 20 août, à Yaoundé-Nsimalen, le taxi avait quelque chose d’un concours d’élégance. Pas de tapis rouge, mais une commission attentive, des dossiers passés au peigne fin et des candidats sommés de montrer qu’ils avaient davantage à offrir qu’un permis de conduire.
Sur les 138 postulants, 57 chauffeurs ont franchi le premier filtre. Cinquante sont présélectionnés, tandis que sept figurent sur une liste d’attente. Une première sélection placée sous la présidence d’Amougou Edzoa, directeur de l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen.
Le chauffeur, nouveau visage de l’aéroport
Ici, on ne sélectionne pas seulement des conducteurs. On cherche les futurs ambassadeurs roulants d’une expérience aéroportuaire revisitée. Présentation physique, expression orale, connaissance du code de la route, questions de moralité : chaque détail compte.
Autour de la table, la sélection avait d’ailleurs des airs de petit conseil de sécurité. Chef de Service Concessionnaires d’ADC S.A. Yaoundé, responsables de la sécurité et de la sûreté aéroportuaires, commissaire spécial de la Police de l’aéroport, commandant de la compagnie de gendarmerie de l’aéroport, représentants de la Surveillance du territoire et de la DGRE, ainsi que le commandant ASU de la CCAA : le casting institutionnel ne laissait guère de place à l’improvisation.
Mais le verdict du 20 août n’est pas encore gravé dans le marbre. La liste définitive dépendra notamment de la vérification de l’authenticité des pièces administratives, dont les extraits de casier judiciaire.
Défensive, paiement et tourisme au programme
Pour les heureux élus, le vrai travail commence maintenant. La prochaine étape prévoit une montée en gamme des compétences : conduite défensive, maîtrise du split payment et guidage touristique. Autrement dit, savoir conduire, encaisser… mais aussi raconter Yaoundé.
Car TaxiGO entend faire du trajet entre l’aéroport et la ville davantage un simple transfert. Le projet, porté par ADC SA – Aéroports du Cameroun et ALO Technologies, mise sur une flotte neuve de BAIC X35 pour installer un service de transport aéroportuaire présenté comme une offre de nouvelle génération.
L’ambition est presque cinématographique : dès la sortie de l’avion, le voyageur ne devrait plus seulement chercher un taxi. Il devrait rencontrer un service.
Et dans cette nouvelle partition, les 50 chauffeurs retenus auront une mission simple en apparence : conduire. Mais avec la promesse, plus ambitieuse, de devenir les premiers visages de Yaoundé pour ceux qui arrivent par les airs
Jean -René Meva’a Amougou



