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Football féminin : une finale reléguée

La décision d’organiser la finale de la Coupe du Cameroun féminine 2026 au stade annexe N°1 de Yaoundé, doté d’une seule tribune a suscité une vague de réactions avant le match. Entre inquiétudes sécuritaires et sentiment de marginalisation, les supporters dénoncent une gestion qui relègue le football féminin aux marges de l’agenda sportif national.

Remise du trophée à l’équipe gagnante par le Président de la Fécafoot

À Yaoundé, on en parle. « Une finale nationale dans un stade annexe, c’est une humiliation alors que nos Lionnes viennent de hisser notre étendard national au sommet du football féminin africain ! », lâche Gisèle Etoa, ancienne joueuse de football. Pour elle, ce choix traduit « le peu de considération accordée aux efforts des joueuses locales qui se battent toute la saison pour peu de visibilité ». Plusieurs autres supporters partagent le même sentiment. Jean-Pierre, vendeur de maillots au marché central de Yaoundé, estime que « les filles méritent le grand stade, pas une tribune unique. On parle quand même d’une finale nationale de football, pas d’un match d’entraînement. Surtout lorsqu’on sait les foules que draine généralement le football dans les stades».

Au-delà du symbole…
La question de la sécurité revient avec insistance. Abdoulaye, étudiant à l’université de Yaoundé I, rappelle que « nous n’avons pas encore oublié Olembé. Huit morts, des dizaines de blessés lors de la CAN organisé au Cameroun il y’a quelques années. Comment peut-on encore minimiser la question des flux de spectateurs ? ». Le jeune supporter du football féminin reconnaît que « le choix du stade annexe est avant tout logistique et budgétaire », mais concède que « la capacité d’accueil reste un vrai problème ».

Pour Bougambia Nestor, entraineur de football minimes à Ngoa-Ékéllé, cette décision illustre une routine institutionnelle. Il estime que « le Cameroun gère ses événements au jour le jour. On ne saisit pas les occasions pour valoriser le football féminin. Pour le cas d’espèces nous ne pouvons pas nous empêcher de penser que c’est une gouvernance de l’urgence, pas de la vision ». Il rappelle que les lois de la République du Cameroun consacre l’équité, mais « rien n’est prévu pour garantir une parité dans le traitement entre le football masculin et féminin. Résultat : le football féminin reste périphérique ».

Dans les quartiers populaires de Yaoundé, beaucoup regrettent que l’État n’ait pas transformé cette finale en fête nationale du football féminin. « On aurait pu ouvrir gratuitement les portes du grand stade, inviter les écoles, créer une ambiance pour présenter au public sportif camerounais le trophée remporté de la CAN féminine à Rabat », suggère Josiane Ngo, supportrice des Lionnes indomptables. « Au lieu de ça, on nous enferme dans un stade secondaire. Tant qu’on ne mettra pas le football féminin au centre des priorités, il restera invisible », conclut-elle, visiblement amère.

La finale LEKIE FC – LOUVES MINPROFF s’est bel et bien joué au stade annexe N°1. Mais une question demeure : combien de finales faudra-t-il encore organiser dans des enceintes marginales avant que la dignité du football féminin ne devienne un réflexe institutionnel ?

Tom

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