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Rentrée scolaire : les livres jouent encore à cache-cache

Les rayons se vident, les parents temporisent.

À deux semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, Yaoundé ne ressemble pas encore à une ville qui s’apprête à reprendre le chemin des classes. Dans les librairies comme chez les vendeurs de livres d’occasion, l’effervescence habituelle se fait attendre. Les parents, eux, semblent avoir adopté une stratégie aussi simple qu’imparable : attendre le salaire avant d’acheter les cahiers… et les manuels.

Des rayons qui attendent les parents
Chez Univers Sarl, le constat est sans appel. « Le climat des affaires n’est pas celui des années précédentes », observe Gaston Mbida Voula, stagiaire magasinier. À cette période l’an dernier, les clients se bousculaient déjà. Aujourd’hui, certains jours, un ou deux parents seulement franchissent la porte.
Même décor chez les vendeurs à la sauvette. Alex Kitio espère une reprise à partir du 25 août, avec les prochains virements de salaires. Pour l’heure, les étals restent désespérément calmes.
À cette prudence des ménages s’ajoute une concurrence devenue féroce. La foire du livre installée au Boulevard du 20-Mai, sous l’impulsion du ministère du Commerce, attire les acheteurs avec une réduction annoncée de 5 %. De quoi compliquer davantage la partie pour les libraires indépendants et les vendeurs de rue.

Quand le manuel devient introuvable
Mais le véritable casse-tête se trouve ailleurs : certains manuels scolaires manquent à l’appel. Au primaire, Les Champions en français pour le CM1 et le CM2 figurent parmi les ouvrages difficiles à trouver. Au secondaire, les livres d’anglais des classes de Première et de Terminale se font rares. Même situation pour certains ouvrages d’anglais et de physique-chimie des séries scientifiques.

Problème : les éditeurs ne semblent pas communiquer clairement sur ces ruptures. « Nous n’avons aucune information sur l’indisponibilité de ces manuels », regrette Marius Defo, vendeur de livres au « poteau ».

L’occasion au secours du neuf
Face aux rayons clairsemés, le marché de seconde main reprend du service. Les vendeurs récupèrent les anciens manuels auprès des familles et proposent des échanges ou du troc. Une économie parallèle, rudimentaire mais efficace, qui permet aux parents de contourner la pénurie tout en ménageant des budgets déjà sous pression.

Selon l’état du livre, la classe et la matière, les transactions oscillent entre 2 500 et 4 000 francs CFA. Une solution imparfaite, mais bienvenue lorsque le manuel neuf reste introuvable. « L’objectif est que les parents s’acquittent de leur devoir, permettre à l’enfant d’avoir ses manuels scolaires », résume Alex Kitio.

À quelques jours du grand retour en classe, le marché attend donc deux choses : les salaires des parents et les livres des éditeurs. Pour l’instant, les premiers tardent à tomber et les seconds à apparaître. Une rentrée scolaire qui commence décidément par une drôle de chasse au trésor.

O. M.

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