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Lutte contre l’hémorragie du post-partum au Cameroun : l’expertise française s’affirme

À travers la sage-femme camerounaise, Paris s’investit dans la lutte contre la pathologie.

Des sages-femmes camerounaises au terme de la session

Il y a des urgences qui se jouent dans le vacarme. Et puis celles qui se décident dans le silence d’une maternité, entre un berceau et une perfusion, avec une horloge qui semble soudain courir plus vite. L’hémorragie du post-partum (HPP) appartient à cette seconde catégorie. Au Cameroun, elle reste l’une des grandes menaces qui entourent l’accouchement et constitue la première cause de décès maternels parmi les causes directes notifiées.

Les chiffres officiels disponibles donnent la mesure du défi. Selon le Plan stratégique camerounais de santé reproductive, l’hémorragie représentait 45,9 % des causes directes de décès maternels notifiés. Elle devançait nettement la pré-éclampsie et l’éclampsie, évaluées à 15,85 %.

Le phénomène n’est pas seulement statistique. Une étude récente menée à l’Hôpital régional de Garoua sur les années 2022-2023 a recensé 261 cas d’HPP sur 4 092 accouchements, soit une incidence de 6,3 %. Au CHU de Yaoundé, une analyse des décès maternels enregistrés entre 2017 et 2023 a, elle aussi, placé les hémorragies obstétricales en tête des causes, avec 43,8 % des décès étudiés. Trois quarts des décès étaient considérés comme évitables.

Le contexte national reste d’ailleurs préoccupant, malgré des progrès récents. Au premier trimestre 2025, le ratio de mortalité maternelle rapporté par le système DHIS2 est passé de 180 à 138 décès pour 100 000 naissances vivantes par rapport au premier trimestre 2024. Mais les hémorragies représentaient encore 22 % des décès maternels recensés sur la période.

Action
Face à cette réalité, l’ambassade de France au Cameroun entend faire de la compétence une arme de prévention. Aux côtés de l’Association des Sages-Femmes et Assimilés du Cameroun (ASFAC), elle accompagne le renforcement des capacités des professionnelles appelées à intervenir lorsque quelques minutes peuvent séparer une complication d’un drame.
L’engagement français s’inscrit dans sa stratégie internationale en matière de droits et de santé sexuels et reproductifs. Derrière cette politique, une conviction simple : la réduction de la mortalité maternelle passe aussi par l’investissement dans les femmes et les hommes qui accueillent les naissances, surveillent les suites de couches et doivent reconnaître immédiatement les signes d’alerte.

Car l’HPP n’attend pas. Elle peut survenir brutalement après l’accouchement, notamment en raison d’une atonie utérine, de lésions du canal génital ou de problèmes placentaires. La rapidité du diagnostic et de la prise en charge devient alors déterminante.
C’est là que les sages-femmes prennent toute leur importance. Elles sont au chevet de la mère lorsque les proches célèbrent encore l’arrivée du nouveau-né. Elles observent, évaluent, alertent, coordonnent et agissent. Leur formation n’est donc pas une simple affaire de perfectionnement professionnel : elle constitue un investissement direct dans la survie maternelle.
La France intervient donc sur un terrain où chaque progrès compte. Former davantage, mieux préparer les équipes, renforcer les réflexes face à l’urgence : la stratégie est moins spectaculaire qu’un grand équipement hospitalier, mais elle touche au cœur du problème.

Dans cette bataille, il n’y a ni médaille ni tapis rouge. Seulement une mère, un enfant et quelques minutes parfois décisives.
Donner la vie ne devrait jamais coûter la vie. C’est précisément pour cela que la France choisit d’être aux côtés de celles qui veillent, au premier rang, sur ce fragile passage de la naissance.

Ongoung Zong Bella

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