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Cent ans de la paroisse d’Akono : les éclairages du père Alexandre Mvogo Enama

Père Alexandre Mvogo Enama, missionnaire clarétain et curé de la paroisse Notre-Dame Des Sept Douleurs est modicus.

Ce saint lieu a bel et bien a 100 ans en 2026. Cette prise e position rame à contre-courant de la version soutenue par l’homme politique Vincent Sosthène Fouda. Selon lequel, ce temple comptabilise à ce jour 90 ans. Pour soutenir sa thèse, l’ homme de Dieu ouvre la porte des archives pour y extirper d’anciennes correspondances entre l’Eglise locale et son clergé. Notamment des références une lettre du père Antoine Stoll à son évêque datant du 02 décembre 1923. “Chaque 15 septembre, l’on célèbre avec ferveur à Akono la compassion e Marie au pied de la croix: Notre Dame-des-sept-douleurs, à laquelle cette église avait été dédiée – croyait-on le savoir – en 1937. Pourtant une letter manuscrite atée du 2 Je voudrais remercier le journal Intégration qui me donne l’occasion d’apporter plus de précisions par rapport à l’événement que la paroisse Notre-Dame des Sept-Douleurs d’Akono célèbre cette année, avec presque trois ans de retard. Puisqu’on aurait dû le célébrer en 2023. En fait, j’essaie un peu de comprendre la confusion qui se glisse subtilement dans la tête de beaucoup de nos ouailles et même de beaucoup de chrétiens et de fidèles d’ailleurs. Pourquoi ? Parce que bien avant moi, il y a eu d’autres fêtes qui ont été célébrées. Je pense en 2006. Je n’étais même pas encore prêtre. J’étais encore étudiant et il y a une fête qui fut célébrée à l’occasion, je pense, des 50 ou 60 ans de la construction de l’église d’Akono. Récemment, il y a un an ou deux ans avant mon arrivée, parce que j’arrive en 2019, il y a aussi une fête qui a été organisée pour les 70 ans de l’église d’Akono.

« Je vais à la paroisse, je vais à l’église », alors que ce sont deux entités totalement différentes.

La confusion vient du fait que la plupart des chrétiens ne font pas de différence entre l’église et la paroisse. Vous entendez généralement les gens dire « je vais à la paroisse, je vais à l’église », alors que ce sont deux entités totalement différentes. L’église est un édifice, comme une maison. L’église est une construction qui abrite des fidèles qui viennent louer et glorifier Dieu. L’Église avec E majuscule, ça signifie une communauté de croyants en Christ, une communauté de fidèles, des chrétiens, une communauté de personnes qui croient en Jésus-Christ et qui partagent la même foi en Christ. Et maintenant la paroisse, c’est une communauté de fidèles qui résident sur un territoire bien précis. Akono a été érigée en paroisse, je pense en décembre 1923, par Mgr François-Xavier Vogt. C’est pour cela que nous ne célébrons pas le centenaire de l’église d’Akono, la construction de l’église d’Akono. Et les constructions commencent en 1933, précisément le 14 septembre 1933, à la fête de la Croix Glorieuse.

Et l’église va porter le nom de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs tout simplement parce que la paroisse d’origine du père André Stoll porte ce nom. Et tout y concourt. Nous sortons presque de la Première Guerre mondiale lorsque les missionnaires spiritains prennent le relais au Cameroun. Il y a encore des séquelles. Akono porte des séquelles d’une guerre qui s’est produite un peu loin. La population qui avait été acquise à la cause allemande a eu du mal à accepter d’autres nouveaux missionnaires qui arrivent. Heureusement, dans certaines congrégations, les missionnaires qu’ils envoient sont des missionnaires alsaciens. Nous connaissons tous l’histoire de l’Alsace, tantôt française, tantôt allemande. Et les premiers missionnaires spiritains qui arrivent parlent presque tous allemand et français.

On a donc dû user de cette astuce pour placer les missionnaires spiritains à cet endroit. Ce qui a été véritablement favorable à la construction de cette église monumentale, cette église mythique et pittoresque, qui est, je pense, la plus belle œuvre des missionnaires au Cameroun et peut-être en Afrique centrale. Donc, nous fêtons la création de la paroisse d’Akono. Une création qui a eu lieu, je pense, en décembre 1923 par Mgr François-Xavier Vogt. À ce moment-là, la paroisse d’Akono est très vaste. Elle allait jusqu’aux encablures de Ngomedzap, parce que Ngomedzap sera créée en 1926, je pense.

Nous allions jusqu’à Makak, à Kwamelen, et nous prenions aussi Ngoumou, Bikop. Avant que Bikop ne soit érigée en paroisse, nous prenions Bikop, Evindissi. Et on allait jusque dans l’actuel diocèse d’Obala et de Mbalmayo, à Olama, Nkol-Marié, et on arrivait aux encablures de Dschang. Donc, c’était une paroisse très vaste. D’elle sont nés deux diocèses. Il y a le diocèse d’Eséka, qui a pris une partie de la paroisse d’Akono, et il y a le diocèse de Mbalmayo.

Si vous consultez par exemple les registres paroissiaux, vous verrez que les chrétiens de ce milieu-là se sont fait baptiser à Akono. Il y a certaines personnes qui viennent prendre des références de leur baptême, qui viennent établir les cartes de baptême de leurs aïeux, de leurs ancêtres ; certains qui veulent connaître l’histoire de leurs grands-parents, de leurs parents. Ils viennent nous voir à Akono, et nous ouvrons des registres pour leur donner des informations.

Je voudrais que cette confusion soit un peu levée parce que nous ne fêtons pas la construction de l’église. D’autant plus que, pour cette construction de l’église, quand est-ce qu’on peut la fêter exactement ? Parce qu’on commence par le premier coup de pioche le 14 septembre 1933, et la construction de l’église s’achèvera en 1937. Vous voyez, quelle date doit-on préférer ? 1933, 14 septembre, ou 1937 ?
Nos confrères ont eu à faire un choix pour une date, et à ce moment-là, ces fêtes furent très belles. Celle de 2007 était véritablement bien organisée. Celle de 2006, pareil. Et je pense que lors du passage du Père Agatha, il y a aussi eu une fête. Les deux que j’ai en mémoire, celle de 2006, parce qu’elle s’est faite un an avant que je ne sois ordonné prêtre, et celle de 2017. À cette époque, c’est le confrère que j’ai remplacé, le Père Élisée, qui est actuellement notre supérieur délégué. Par contre, ce que nous souhaitons aussi mettre en exergue, en avant, c’est aussi la présence des clarétains dans cette paroisse. Nous y arrivons également toujours en décembre 1970, et nous prenons la paroisse en décembre 1971.
Donc la présence des clarétains au Cameroun, et particulièrement dans l’ancienne Méfou-et-Akono, la zone Méfou-Akono, nous y sommes depuis 56 ans. 56 ans, beaucoup d’entre nous n’étions pas là, nous n’étions pas nés. On a réformé, refondé, construit d’autres églises et nous continuons toujours dans cette restauration de cet héritage que nous avons reçu de nos prédécesseurs dans la mission.

décembe 1923 adressée par le père Antoine Stoll à son évêque semble indiquer que la concertation quant à la consecration de l’Eglise d’Akono avait commence dix années avant le démarrage effectif des travaux du grand edifice qui avait été établi en tant que lieu sacré en 1937”, donne à lire Père Alexandre Mvogo Enama.
Quant à la correspondance de Mg Antoine Stoll, elle situe le moment de l’érection de cette église comme lieu sacré. « Oui, Mgr à tout prix, donnez-nous notre patronne ; ND des 7 douleus. Akono y prête merveilleusement. C’est comme le cœur du Vicariat dans le sens géographique, c’est comme vous dites dans le « Nyongthal » (Vallée du Nyong », écrit ce dernier.

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