Carburants et lubrifiants : la facture baisse mais les volumes explosent
Entre baisse des importations en valeur et hausse des volumes, le marché énergétique camerounais joue une partition inattendue qui interpelle consommateurs et experts.

Entre janvier et juin 2025, le Cameroun a importé pour 333,7 milliards FCFA de carburants et lubrifiants, soit 899 millions de tonnes, pour approvisionner son marché local. Comparativement à la même période un an plus tôt, les importations avaient atteint 453 milliards FCFA pour 804,6 millions de tonnes. Cette évolution, marquée par une baisse en valeur mais une augmentation en volume, interpelle et suscite de premières interrogations sur les dynamiques du marché énergétique national.
Pour certains analystes, ce décalage traduit une modification des prix moyens des produits importés. Selon Macaire Gaingne, spécialiste des marchés pétroliers, « le Cameroun semble bénéficier d’un ajustement temporaire des coûts internationaux du pétrole et des lubrifiants, mais il convient de rester prudent : la stabilité des prix locaux dépendra autant des fluctuations mondiales que des marges appliquées par les distributeurs ». Autrement dit, le consommateur pourrait ressentir un soulagement temporaire, mais la volatilité des cours demeure une épée de Damoclès.
Cette situation soulève également des questions sur la consommation nationale et la gestion des stocks. L’augmentation en volume indique que le pays continue de maintenir un approvisionnement soutenu, malgré la réduction des dépenses en valeur. Pour Oswald Ondoa Essama, géostratege, « cette stratégie peut refléter une volonté des autorités de sécuriser l’offre sur le marché local afin d’éviter des pénuries, surtout dans un contexte où la demande énergétique reste stable voire croissante ». L’expert souligne que l’efficacité de cette approche dépendra de la fluidité des chaînes logistiques et de la capacité des distributeurs à absorber ces volumes.
Enfin, cette évolution invite à réfléchir aux perspectives pour le reste de l’année. Si les tendances mondiales se confirment, le Cameroun pourrait bénéficier d’une fenêtre favorable pour consolider ses approvisionnements et modérer l’impact sur le consommateur final. Cependant, Oswald Ondoa Essama avertit : « Sur le marché énergétique, les certitudes sont rares. Un ajustement de prix aujourd’hui peut se transformer en tension demain, surtout lorsque les volumes continuent d’augmenter ». En somme, les importations de carburants et lubrifiants illustrent une gestion prudente mais fragile, où l’économie nationale doit conjuguer maîtrise des coûts et sécurité de l’approvisionnement.
Bobo.Ousmanou.



