INTÉGRATION RÉGIONALEMAIN COURANTE

Changement climatique : Robusta et Arabica sur la balance

Si de nombreuses opportunités commerciales existent en faveur des deux types de café. La balance penche en faveur du Robusta dans un proche avenir.

L’inauguration du Centre d’excellence de Baditoum a fait tomber les barrières spatio-temporelles en permettant au regard de se plonger dans l’avenir pour entrevoir un horizon favorable aux acteurs du segment de production du café Robusta. Et là dans un foisonnement de débouchés, annoncé sur un ton prophétique, l’appel du Docteur Apolinaire Ngwe, président du Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) fixe le cap d’une pérennisation des acquis. «Le Centre d’excellence que voici est le premier dans le pays. On n’avait jamais fait ça nulle part ailleurs. Que les jeunes qui s’y investissent continuent d’œuvrer dans leur propre intérêt mais également dans l’intérêt de ceux qui vendront après nous. Parce que c’est un outil de travail qui, bien entretenu pourra servir à plusieurs générations de jeunes», affirme-t-il.

A Baditoum, cette inscription dans la durabilité de l’infrastructure inaugurée s’inscrit dans les esprits des foules réunies en écho des instructions du président de l’Agence des cafés Robusta d’Afrique et de Madagascar (ACRAM) sur les moyens de résilience économique aux changements climatiques. «Le Robusta c’est l’avenir. Il a la capacité de pouvoir résister aux changements climatiques. Mieux encore, le Cameroun de par sa position géographique a la possibilité de mieux préserver le café Robusta face aux changements climatiques qui vont affecter le café dans les 20 – 30 années. Or, l’Arabica risque de disparaitre», l’entend-on dire. La suite de son propos est une invitation aux jeunes producteurs café de Baditoum à privilégier la culture du Robusta. Mais aussi à recourir aux meilleures pratiques de traitement post-récolte.

«Plus on travaille sur la qualité, plus on va pouvoir cibler les marchés de niche. Nous devons aussi privilégier la transformation pour la consommation de ce que nous produisons sinon, nous serons toujours victimes du dysfonctionnement du marché parce qu’on exporte 90% de ce que nous produisons. C’est une erreur», renseigne Enselme Gouthon. Cette pensée autour de l’amélioration de la qualité et de la transformation locale pour impulser une nouvelle dynamique d’exportation est une opportunité pour le gouvernement camerounais Celui-ci en fait un des leviers essentiels de sa Stratégie nationale de développement (SND30) et sa politique d’import-substitution. Lesquels visent par ailleurs une expansion à grande échelle via les mécanismes de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Louise Nsana

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