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Démonétisation en zone CEMAC : l’économie camerounaise tourne au ralenti

L’annonce du retrait des pièces de monnaie de 1958 à 1985 de la circulation par la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) crée des frictions entre les commerçants, moto-taximan et les stations-services.

L’économie du Cameroun est grippée. L’annonce du retrait de la circulation des pièces de monnaie de 1958 à 1985 par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) le 1er novembre 2026 crée des tensions dans les espaces marchands. Aucun secteur d’activité n’est épargné. Le 20 octobre dernier au marché Mvog Atangana Mballa (Yaoundé IV) ce sont les plaintes. Les activités économiques tournent au ralenti. « Depuis la semaine dernière, le marché est paralysé. Le mobile est la méprise des uns et autres sur les pièces de monnaie à retirer de la circulation. Personne ne veut les pièces. Après l’achat de la marchandise lorsque je rembourse aux clients, les nouvelles gammes pièces de 100 FCFA, 500 FCFA de 50 FCFA, 25 FCFA, qui datent de 2006 et 2024, et pis est celle de 1985 ils rejettent », confie Rosine, vendeuse de poisson et tomates. « Les clients disent ne pas prendre ces pièces de monnaie, parce que selon l’imagerie populaire, elles ne sont plus légales. Malgré les explications ils refusent l’argent. A vouloir trop expliquer la conversation dégénère aux joutes oratoires », renchérit-elle. Elle raconte une rixe entre un vendeur de soya et un client. Après consommation, le client donne la pièce de 500 FCFA qui date de 1985, le vendeur de soya oppose le refus. La situation dégénère après il a fallu l’intervention des forces de maintien de l’ordre pour régler le malentendu. « Il n’est pas facile de faire des échanges, le revenu journalier a drastiquement baissé.

Si la vie en elle-même est difficile, le problème des pièces est venu accentuer nos difficultés quotidiennes », fait savoir Rosine. Le transport n’est pas exclu. Les motos-taximan s’indignent. Ils pensent que les Camerounais confondent tout pourtant le communiqué de la Beac est clair. La date annoncée par la Beac n’est pas arrivée, mais ils observent que « les supermarchés refusent les pièces de monnaie, les stations-services refusent de servir du carburant s’il y a des pièces parmi. L’on est obligé de chercher une autre station-à pompe pour espérer avoir du carburant pour travailler. A cela se mêlent les disputes avec les clients en longueur de journée sur le même sujet. Ils trient les pièces dans nos poches et rejettent certaines comme si, c’est nous qui les fabriquons. Nous perdons énormément, il n’est pas facile de travailler ces derniers temps, pourtant nous sortons le matin pour des raisons existentielles et tenter de joindre les deux bouts », raconte Franck. Les revenus ont chuté également. « Par jour, je pouvais travailler 10000 FCFA ou 15000 FCFA la journée, mais depuis la semaine dernière, il n’est pas évident d’avoir 5000 FCFA comme revenu journalier », regrette Didier moto-taximan.

Apaisement
Au regard du climat tendu entre les conducteurs des motos et les clients et toute la chaine, ils sont nombreux qui ont cherché à comprendre de quoi il est question. « A travers mon téléphone, j’ai lu le site de la Beac, et certains organes de presse qu’il y a du temps, puisque la date butoir pour faire disparaitre ces pièces est fixée au 1er novembre 2027. Donc c’est dans un an. C’est ce que nous essayons de communiquer aux collègues de travail. L’information a contribué à l’apaisement, la psychose et la panique ont baissé », rassure Bertrand.

Il pense qu’en amont, la communication n’a pas été suffisamment faite sur le sujet, ce qui a semé la confusion et la panique. Pour rassurer les opérateurs économiques, et le bayam-sellam, et le citoyen lambda, la Beac a produit un nouveau communiqué qui donne avec plus de précision le calendrier de démonétisation des anciennes pièces de monnaie au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Le 1er novembre 2026, perte du cours légal et du pouvoir libératoire. Ces pièces ne peuvent plus être utilisées pour les transactions quotidiennes. Du 1er novembre 2026 au 31 juillet 2027, échange gratuit et sans frais auprès des banques commerciales, des établissements de microfinance et des guichets de la Beac. Du 1er août au 31 octobre 2027, échange restreint exclusivement aux guichets de la Beac. A partir du 1er novembre 2027, c’est la clôture définitive de l’opération, plus aucun échange n’est possible.

Olivier Mbessité

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