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Le scandale qui interroge le sens de notre existence

« Jacques Lorou nous a quittés », c’est le message que j’ai reçu, ce matin. Jacques enseignait l’allemand dans une université américaine. Il était rentré de ses vacances en France, le lundi 24 août.

Il était mon aîné de 5 ans, raison pour laquelle nos chemins n’ont pas pu se croiser au Petit Séminaire Saint-Dominique Savio de Gagnoa. C’est sur la plate-forme des anciens de cet établissement que je l’ai découvert.

Son départ brutal est pour moi un choc immense.
J’avais échangé avec lui à au moins quatre reprises et je m’étais promis de me rendre en Virginie pour rencontrer enfin cet aîné avec lequel je me sentais en accord sur plusieurs points.

Hélas, son départ vient de réduire ce beau projet à néant.
La dernière fois que je l’avais entendu, il me parlait de son récent voyage au pays, où il venait d’enterrer un frère.
Si la disparition de Jacques nous afflige tous profondément, elle doit être encore plus douloureuse pour ses camarades de promotion

À eux, ainsi qu’à toute sa famille, je voudrais dire simplement: courage !
On a beau croire que, pour le chrétien qui meurt, la vie n’est pas détruite mais transformée, la mort demeure un profond scandale.
Devant elle, nous sommes toujours saisis par une question qui nous dépasse : à quoi auront servi tant d’efforts et de combats ?
À quoi auront servi les privations, les sacrifices et les renoncements consentis au cours de notre existence ?

Car vient un jour où chacun doit quitter ce monde, souvent sans pouvoir emporter ce qu’il a durement acquis.
Aujourd’hui, nous sommes là, présents, actifs, pleins de projets et d’espérance.
Demain, nous ne serons plus là, et d’autres continueront la route à notre place.
Cette fragilité de notre condition humaine devrait nous apprendre à donner davantage de sens à chaque jour qui nous est offert.
Car, au bout du compte, ce qui demeure n’est peut-être pas ce que nous avons acquis ou conquis, mais ce que nous avons aimé, donné et semé autour de nous.

Jean-Claude Djéréké

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