Groupement Mvog-Amoug II (Mefou-et-Afamba) : le couple Naah donne le ton de la rentrée scolaire
À Ndangueng II comme à Nkolmevah, ce 22 août 2026, les cartables ont pris de l’avance sur le calendrier.

Il est un peu plus de matinée lorsque la cour de l’école publique de Ndangueng II commence à s’animer. Les vacances scolaires ne sont pas encore officiellement terminées, mais l’établissement a déjà retrouvé des allures de jour de rentrée. Dans la cour, les élèves s’impatientent, les enseignants s’organisent et les regards se tournent vers l’arrivée du couple Ignace et Michèle Naah.
Dans les mains des visiteurs, des sacs scolaires, des stylos et des ardoises. Dans les salles de classe, les enseignants attendent également le paquet minimum destiné à accompagner le fonctionnement de l’établissement. À mesure que les fournitures sont sorties et distribuées, les visages des enfants s’éclairent.
Un sac neuf sur le dos, un stylo à la main, les écoliers découvrent déjà les premiers signes d’une rentrée qui approche à grands pas. L’ambiance est festive. Les applaudissements ponctuent les différentes séquences de la cérémonie. Les enfants discutent entre eux, comparent leurs fournitures et posent mille questions. Certains semblent avoir oublié que le calendrier scolaire leur accorde encore quelques jours de répit. Toutefois, ils savent surtout ce qu’ils viennent de recevoir. Pour eux, le débat est beaucoup plus simple : un sac neuf, des stylos et une ardoise, c’est toujours bon à prendre avant la rentrée. À voir leur enthousiasme, une conclusion s’impose : à Ndangueng II, les vacances peuvent bien attendre. La rentrée, elle, a déjà commencé dans les esprits.
Après Ndangueng II, la délégation met le cap sur l’école publique de Nkolmevah. Changement de décor, mais pas d’ambiance. Ici aussi, les élèves attendent avec curiosité. Les enseignants se mobilisent et la cour retrouve rapidement son animation. À l’arrivée du couple Naah, les salutations se multiplient. La distribution commence. Les fournitures passent des mains des donateurs à celles des enfants. Les sacs trouvent immédiatement leurs propriétaires. Les sacs sont remis aux bénéficiaires sous les applaudissements. Les visages s’illuminent. Certains récipiendaires inspectent leur nouveau matériel avec le sérieux d’un ministre recevant un dossier urgent. D’autres le tiennent précieusement, comme s’il fallait le protéger jusqu’au premier jour de classe.
Devant les élèves, le ton devient presque celui d’un maître d’école. Ignace Naah rappelle les vertus de l’éducation, la nécessité de travailler et l’importance de respecter les enseignants. L’école, explique-t-il en substance, ne doit pas être perçue comme une corvée, mais comme un moyen de préparer son avenir.
Pour les enseignants, l’initiative est surtout une aide concrète. Le paquet minimum vient renforcer des établissements qui doivent composer avec des besoins multiples. « Tout appui est important », confie un enseignant. Dans le monde scolaire, où chaque craie, chaque matériel et chaque équipement compte, le geste n’est donc pas anodin.
« Une simple action de solidarité »
À Ndangueng II comme à Nkolmevah, la caravane avance avec deux soutiens de poids : Sa Majesté Jean-Pierre Amougou et Félix Mbarga Mbarga. Le chef de groupement applaudit l’initiative : « Pour moi, c’est une initiative à soutenir. Pour moi, la jeunesse représente le capital le plus précieux d’une communauté. Chaque enfant qui reste à l’école est une promesse pour demain. Chaque fournitures remise, chaque enseignant soutenu, chaque initiative en faveur de l’éducation participe à cette construction collective »
Félix Mbarga Mbarga acquiesce : sa présence vaut presque signature au bas du chèque symbolique. « Les enfants qui courent aujourd’hui dans la cour de Ndangueng II ou de Nkolmevah seront demain les enseignants, ingénieurs, médecins, entrepreneurs, fonctionnaires ou agriculteurs qui feront vivre la communauté », avance la jeune élite.
Bref, ici, les bonnes actions trouvent rapidement des alliés… et même des porte-paroles. Au milieu, Ignace Naah tient à préciser le sens de son initiative. Pas question, insiste-t-il, d’y voir une opération politique. Il invite plutôt les bénéficiaires à considérer ce geste comme « une simple action de solidarité ». Le message est clair : ici, pas de meeting, pas de slogans, pas de campagne. Seulement des fournitures scolaires et un encouragement aux enfants.
Et si, dans les prochaines semaines, les devoirs, les réveils matinaux et les compositions viennent rappeler aux élèves que les vacances sont bel et bien terminées, ceux de Ndangueng II et de Nkolmevah pourront au moins compter sur une consolation : cette année, ils auront commencé l’aventure avec un sac neuf sur le dos.
Rémy Biniou



