À Douala : la maison de la culture Sawa fait vivre un patrimoine séculaire

Au cœur du quartier Bonanjo, à Douala, les sonorités du tam-tam résonnent dans l’enceinte de la Maison de la culture Sawa.

Dans une salle décorée d’objets traditionnels, de jeunes visiteurs observent avec curiosité des masques, des instruments de musique et des photographies retraçant l’histoire des peuples côtiers du Cameroun. Ici, chaque objet raconte une histoire, chaque symbole renvoie à un héritage ancestral que les promoteurs des lieux s’efforcent de préserver et de transmettre.
Face aux mutations sociales, à l’urbanisation galopante et à la mondialisation culturelle, la valorisation du patrimoine Sawa apparaît aujourd’hui comme une nécessité. C’est dans cette perspective qu’a été créée la Maison de la culture Sawa, un espace dédié à la sauvegarde, à la promotion et à la transmission des valeurs culturelles des communautés Sawa.
« Notre mission est de conserver la mémoire collective des peuples Sawa et de la transmettre aux jeunes générations », explique un responsable de la structure, tout en guidant un groupe d’étudiants venus découvrir les richesses culturelles du littoral camerounais. Véritable vitrine du patrimoine Sawa, l’édifice accueille tout au long de l’année des expositions, des conférences, des projections documentaires, des ateliers d’initiation aux arts traditionnels ainsi que des rencontres culturelles. L’objectif est de permettre aux populations, notamment aux jeunes, de mieux connaître leur histoire et leurs traditions.
Dans l’une des salles d’exposition, des visiteurs s’attardent devant des objets rituels utilisés lors des cérémonies traditionnelles. Plus loin, des tenues d’apparat, des pagnes traditionnels et des photographies anciennes témoignent de l’évolution des sociétés Sawa à travers les décennies. « Nous découvrons des aspects de notre culture que nous ignorions totalement », confie Sandra, étudiante à l’Université de Douala. « C’est important pour nous de connaître nos origines afin de mieux comprendre qui nous sommes ».
Au-delà de la simple conservation des objets, la Maison de la culture Sawa se veut également un espace vivant de transmission. Des ateliers de danse traditionnelle, d’apprentissage des langues locales, de contes et de musique sont régulièrement organisés au profit des enfants et des jeunes. À travers ces activités, les responsables entendent lutter contre l’érosion progressive des valeurs culturelles observée dans les milieux urbains. « Beaucoup de jeunes grandissent aujourd’hui sans véritable contact avec leur patrimoine culturel. Nous voulons recréer ce lien », souligne un animateur culturel.
La structure joue également un rôle important dans la préparation et la promotion des grandes manifestations culturelles Sawa, notamment le célèbre festival du Ngondo, événement majeur qui rassemble chaque année les fils et filles des communautés côtières autour de leurs traditions. Pour plusieurs acteurs culturels, la Maison de la culture Sawa constitue un instrument essentiel de sauvegarde du patrimoine immatériel. Dans un contexte marqué par l’influence croissante des cultures étrangères, elle apparaît comme un rempart contre l’oubli et la perte des repères identitaires.
Toutefois, les responsables plaident pour un renforcement des moyens matériels et financiers afin d’accroître les activités de sensibilisation et d’améliorer les infrastructures d’accueil. Malgré ces défis, la dynamique reste intacte. Chaque semaine, élèves, chercheurs, touristes et simples curieux franchissent les portes de la Maison de la culture Sawa à la découverte d’un héritage riche et pluriel.
À Douala, cette institution culturelle est devenue bien plus qu’un lieu d’exposition. Elle s’impose progressivement comme un véritable sanctuaire de la mémoire collective Sawa, où passé et présent dialoguent pour mieux préparer l’avenir.
Diane Kenfack



