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À Mfou, Francis Ngoumou rate sa partition et brouille le message politique

Le 24 mars dernier, lors des festivités marquant le 41e anniversaire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), une communication mal ajustée du maire transforme un moment de cohésion en séquence confuse, révélant des tensions internes qu’il voulait pourtant contenir.

Un  » jeune loup » traqué dans le discours du maire

À Mfou (Mefou et Afamba), la célébration du 41e anniversaire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais avait tout d’un rituel bien huilé : banderoles impeccables, slogans rodés et militants mobilisés. Mais dans cette mise en scène attendue, le maire Francis Ngoumou a choisi d’introduire un grain de sable… qui ressemble furieusement à un caillou dans la chaussure.Cette sortie, perçue par certains comme un aveu de fébrilité, interroge sur la stratégie de communication du maire. À vouloir prévenir une déstabilisation, il semble plutôt en avoir accéléré la perception. Les militants, eux, se retrouvent désormais face à un discours qui tranche avec l’appel traditionnel à l’unité, surtout lors d’une commémoration aussi symbolique.

En mettant en garde contre des adversaires internes, évoquant des « jeunes loups aux dents longues », l’édile a troqué le costume du rassembleur pour celui, plus délicat, du vigile de sa propre maison. Une posture qui, à défaut de rassurer, a semé un léger flottement dans les rangs. « On est venus célébrer, pas assister à un conseil de guerre », glisse, mi-amusé mi-gêné, un militant de longue date.

Pour certains analystes politiques, la sortie du maire traduit une nervosité révélatrice. « Lorsqu’un responsable expose publiquement ses fragilités internes, il en amplifie mécaniquement la portée », observe un politologue basé à Yaoundé. Autrement dit, en voulant couper court aux ambitions naissantes, le maire leur a offert une publicité gratuite, comme un spot diffusé aux heures de grande écoute.

Dans les cercles militants, les réactions oscillent entre loyauté affichée et interrogations feutrées. « Le chef a ses raisons, mais là, il a un peu ouvert la boîte à palabres », confie un jeune cadre du parti, sourire en coin. Une militante, plus directe, lâche : « S’il y a des problèmes en interne, on règle ça en famille, pas avec le micro. Loin de consolider son autorité, le maire pourrait avoir fragilisé son image, en donnant le sentiment d’un leadership sur la défensive ».

Ironie de la situation : en voulant jouer la carte de la transparence musclée, le maire semble avoir brouillé son propre message. L’unité, mantra des grandes célébrations du RDPC, s’est retrouvée éclipsée par des allusions à des rivalités en gestation. À Mfou, la fête a ainsi pris des airs de briefing stratégique, version grand public.
Au final, cette séquence illustre une vérité bien connue en politique : il est parfois plus risqué de trop en dire que de ne rien dire du tout. Et à force de vouloir surveiller les « jeunes loups », le maire pourrait avoir oublié que, dans l’arène politique, les échos portent loin… surtout quand on tient soi-même le mégaphone.

Bobo Ousmanou

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