À Yaoundé, l’Afrique centrale arbitre la guerre des normes

Durant deux jours, les 12 et 13 mai dernier, Yaoundé a accueilli l’atelier régional des Référents Qualité Nationaux du programme ATCMA-CEEAC, financé par l’Union européenne via sa stratégie Global Gateway. Autour de la table : représentants des États membres, Commission de la CEEAC et experts de l’ONUDI. Au menu, une question devenue centrale dans le commerce mondial : qui fixe les normes contrôle les marchés.

Car en Afrique centrale, le problème n’est plus seulement de produire, mais de produire “ conforme ”. Conforme aux standards internationaux, aux exigences sanitaires, aux règles de traçabilité et aux mécanismes de certification devenus incontournables dans les échanges mondiaux. Faute d’harmonisation régionale, chaque pays avance encore avec ses propres références, ralentissant les échanges et fragilisant les entreprises locales.
L’atelier de Yaoundé a donc tenté de poser les fondations d’une infrastructure qualité commune. Les participants ont travaillé sur un cadre régional de gouvernance, des procédures d’appui aux organismes nationaux de normalisation et un futur mécanisme d’harmonisation des normes sous régionales. Une mécanique technique, presque invisible, mais devenue stratégique dans la compétition économique mondiale.
En toile de fond, trois filières concentrent les attentions : le bois, le cacao et le manioc. Trois secteurs où la question des standards détermine désormais l’accès aux marchés européens et internationaux. « Ces travaux devraient contribuer à améliorer la conformité aux normes internationales », a expliqué Ebe Muschialli, responsable du projet au sein de l’ONUDI.
Les experts ont également visité le laboratoire de métrologie du ministère camerounais du Commerce, symbole d’un défi plus large : moderniser des infrastructures souvent insuffisantes pour accompagner l’ambition industrielle régionale.
Derrière les acronymes et les réunions techniques, la CEEAC tente surtout de régler une faiblesse chronique : l’absence d’un marché régional réellement intégré. Car sans normes communes, l’intégration économique reste souvent un slogan diplomatique plus qu’une réalité commerciale.
R.B.



