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Administrations publiques et parapubliques : le grand vide à PROMOTE 2026

Étrangement absentes cette année, plusieurs structures publiques et parapubliques invoquent les contraintes de trésorerie et l’effet SAGO, après avoir longtemps fait de PROMOTE leur vitrine privilégiée.

PROMOTE 2026, beaucoup de structures absentes

Plus d’absents que prévu. À mesure que les visiteurs arpentent les allées du Palais des Congrès de Yaoundé, un constat revient avec insistance : plusieurs administrations publiques et entreprises parapubliques, pourtant habituées des grandes foires nationales, brillent par leur absence à la 10e édition du Salon international de l’entreprise, de la PME et du partenariat de Yaoundé, PROMOTE 2026. Une discrétion qui contraste avec l’effervescence et la mobilisation observées lors des précédentes éditions.
Dans les travées du salon, habitués et exposants ne cachent pas leur surprise. Certains visiteurs cherchent en vain les stands de structures publiques qui avaient fait de PROMOTE une vitrine privilégiée pour présenter leurs réformes, leurs innovations et leurs services. « On s’attendait à retrouver les grands pavillons institutionnels qui attiraient toujours du monde », glisse un entrepreneur venu de Douala.

Motifs
Cette année, les raisons de cette cure d’amaigrissement semblent moins relever d’un désintérêt que d’une équation budgétaire devenue plus complexe. Plusieurs responsables administratifs, joints par nos soins, évoquent des arbitrages financiers rendus nécessaires par des tensions de trésorerie et des priorités revues à la baisse. « La conjoncture oblige chacun à faire des choix. Les budgets de communication et de participation aux manifestations ont été rationalisés », explique un haut cadre d’une administration centrale ayant requis l’anonymat. Selon lui, l’absence de certaines structures ne doit pas être interprétée comme un désengagement vis-à-vis de PROMOTE. « Nous continuons à considérer cette plateforme comme importante pour le dialogue avec les entreprises et les citoyens », insiste-t-il.

Autre facteur avancé : la proximité du Salon de l’action gouvernementale (SAGO), organisé une semaine plus tôt. Plusieurs administrations ont dû concentrer leurs moyens humains, logistiques et financiers sur ce rendez-vous consacré à la présentation de l’action publique. « Les deux événements se sont succédé à un rythme très rapproché. Pour certaines structures, il était difficile d’assumer deux déploiements d’envergure en si peu de temps », confie un responsable de communication d’une entreprise parapublique. Entre location d’espaces, aménagement des stands, supports promotionnels et mobilisation des équipes, la facture peut rapidement atteindre plusieurs dizaines de millions de francs CFA.

Nuance
Pour autant, les dirigeants concernés assurent qu’il ne s’agit nullement d’un divorce avec PROMOTE. « Nous avons participé avec enthousiasme aux éditions précédentes et nous restons attachés à cet événement qui accompagne le développement du secteur privé camerounais », souligne un cadre dirigeant d’une société publique. Il rappelle que son entreprise avait, en 2022 et 2024, organisé des conférences thématiques et des séances de sensibilisation qui avaient attiré un public nombreux.

Car PROMOTE a longtemps constitué un passage obligé pour les administrations et les entreprises à capitaux publics. La CNPS, la CAMWATER, le Port autonome de Douala, la SONARA, la CAMTEL ou encore plusieurs ministères y rivalisaient d’ingéniosité. Maquettes géantes, démonstrations numériques, rencontres B to B, recrutements de partenaires et campagnes de vulgarisation rythmaient alors les journées du salon. « Il y avait une véritable émulation. Chaque structure voulait marquer les esprits », se souvient un ancien commissaire d’exposition. Certaines administrations profitaient même de l’événement pour dévoiler leurs nouveaux services ou lancer des plateformes digitales.

Cette moindre présence traduit aussi les contraintes qui pèsent actuellement sur de nombreux organismes publics et parapublics. La maîtrise des dépenses est devenue un mot d’ordre, tandis que plusieurs entreprises poursuivent des plans de redressement ou de modernisation exigeant une plus grande discipline financière. « Participer à PROMOTE ne se limite pas à louer un espace. Il faut monter un dispositif conséquent pendant une semaine entière », rappelle un responsable administratif. « Dans le contexte actuel, certaines directions générales ont préféré privilégier d’autres urgences. »

Malgré ces absences remarquées, les organisateurs veulent y voir un phénomène conjoncturel plutôt qu’une tendance durable. Plusieurs structures qui ont fait l’impasse cette année auraient déjà manifesté leur intérêt pour les prochaines éditions.
Car, au-delà des impératifs budgétaires, PROMOTE demeure l’une des rares plateformes où administration, entreprises et investisseurs se rencontrent dans un même espace. Et si certains pavillons sont restés fermés en 2026, leurs occupants habituels semblent surtout avoir choisi de lever le pied, le temps d’une édition, plutôt que de tourner définitivement la page.
À Yaoundé, les stands absents racontent finalement autant que ceux qui ont répondu présent : l’heure est aux arbitrages, mais certainement pas au désamour. Le rendez-vous entre le secteur public et PROMOTE paraît simplement remis à plus tard.

Jean-René Meva’a Amougou

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