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Agriculture : la CEEAC et la FAO sortent la houe diplomatique

En Afrique centrale, les réunions sur l’agriculture poussent parfois plus vite que les récoltes.

Cette fois, pourtant, la Commission de la CEEAC et la FAO espèrent bien faire germer autre chose qu’un communiqué final et une photo de famille institutionnelle.

Réunis à Libreville fin juin dernier, les responsables des deux organisations ont décidé de convoquer, avant la fin de l’année 2026, une retraite stratégique destinée à redessiner les contours de leur coopération agricole. L’objectif : passer d’une collaboration de circonstance à une véritable mécanique régionale capable de répondre aux défis alimentaires qui secouent l’Afrique centrale.
Car le paradoxe est connu. La sous-région dispose de terres abondantes, d’une biodiversité exceptionnelle et d’un potentiel agricole considérable, tout en continuant d’importer une part importante de ce qu’elle consomme. Entre dérèglement climatique, faibles investissements, difficultés logistiques et croissance démographique, le champ des défis reste vaste.

La future retraite devra donc produire davantage que des recommandations de principe. Les experts des deux institutions auront pour mission d’identifier les priorités communes, d’harmoniser les stratégies et d’élaborer une feuille de route assortie d’un plan d’action concret. Une manière également d’articuler les ambitions du plan stratégique 2026-2030 de la CEEAC avec les priorités programmatiques de la FAO dans la région.

Au cœur des discussions figurent la sécurité alimentaire, la modernisation des systèmes agroalimentaires, le développement des filières agricoles, pastorales, forestières et halieutiques, mais aussi la gestion durable des ressources naturelles, l’emploi des jeunes et l’adaptation au changement climatique.

Les deux partenaires mettent déjà en avant plusieurs acquis : la révision de la politique agricole commune de la sous-région, les travaux sur la stratégie régionale de sécurité alimentaire ou encore les efforts consacrés au développement de la riziculture.
Reste désormais à transformer les promesses en investissements et les feuilles de route en champs cultivés. Car en Afrique centrale, les stratégies agricoles ne manquent pas. Ce sont parfois les tracteurs administratifs qui tombent en panne avant d’atteindre le premier sillon.

Bobo. Ousmanou.

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