Beac : une dernière session stratégique pour boucler une année sous tension
Le Comité de politique monétaire de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) a tenu ce 15 décembre, à Yaoundé, sa dernière session de l’année, dans un contexte à la fois prudent et chargé d’attentes.

Après douze mois de gestion sous pression, marqués par des injections régulières de liquidités destinées à soulager les banques commerciales, l’institution s’est apprêtée à dresser le bilan d’une année où la stabilité monétaire a tenu davantage de la vigilance permanente que de la routine technocratique. En 2025, la Beac a maintenu ses taux directeurs inchangés, a préféré soutenir un environnement bancaire encore fragile plutôt que de risquer un resserrement qui aurait freiné la reprise post-pandémie et les investissements déjà hésitants. La réunion de ce lundi s’est ouverte ainsi avec un double impératif : rassurer les marchés sur la solidité du cadre financier régional, tout en préparant le terrain pour des ajustements potentiellement nécessaires au cours de 2026. L’un des points centraux a été la trajectoire de la croissance dans l’espace Cemac, qui oscille au rythme irrégulier des cours internationaux du pétrole. Si certains pays producteurs ont bénéficié d’un regain de recettes durant l’année, les fluctuations persistantes du baril ont maintenu la région dans une prudence quasi permanente, ont freiné les prévisions initiales et ont rappelé la dépendance structurelle des économies locales à l’or noir.
Dans ce contexte, la Beac a examiné l’évolution de l’inflation, moins volatile, grâce aux mesures de soutien mises en œuvre dans l’espace communautaire. Les prix des produits importés, sensibles aux tensions géopolitiques et aux coûts du fret, ont continué de peser sur les ménages et sur les politiques publiques. Cette situation a nourri les interrogations sur la capacité de la banque centrale à maintenir une stabilité durable sans revoir certains leviers en 2026, notamment les marges de refinancement et les contrôles liés à la liquidité.Les attentes ont été d’autant plus fortes que plusieurs gouvernements de la sous-région ont misé sur un début d’année plus dynamique, porté par des investissements publics et des réformes budgétaires censées moderniser les économies nationales. La Beac a pu devoir ajuster sa stratégie pour accompagner ces ambitions sans laisser déraper les comptes extérieurs ou fragiliser le franc CFA, dont la stabilité reste un pilier du dispositif régional.Enfin, cette session a offert des indications précises sur les perspectives économiques pour 2026. Entre normalisation monétaire progressive, incertitudes sur les marchés énergétiques et volonté affichée de renforcer la résilience financière de la Cemac, les annonces faites ont pu donner le ton de l’année à venir.
JRMA



