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Briqueterie : bastion du vivre ensemble au Cameroun

Plus d’une vingtaine de communautés étrangères y cohabitent en toute fraternité avec les Camerounais, nonobstant la flambée des discours haineux sur l’espace public et les réseaux sociaux.

Pape Niang, Vice président de la communauté sénégalaise à la briqueterie.

Le quartier Briqueterie (Yaoundé 2) est une mosaïque culturelle, et le lieu par excellence du vivre-ensemble entre les communautés étrangères et les Camerounais. Selon Abdallah, de nationalité camerounaise, plus d’une vingtaine de pays y sont représentés. Dans la fourchette, on peut citer les Sénégalais, les Maliens, les Burkinabés, les Nigériens, les Nigérians, les Tchadiens, les Ivoiriens, les Béninois, les Congolais, les Égyptiens. Il précise les communautés les plus denses sont celles du Sénégal et du Mali. Ceci s’explique par les relations historiques. « Il y avait une très grande proximité entre les présidents de la République du Sénégal Léopold Sédar Senghor et le président Ahmadou Ahidjo du Cameroun, ainsi qu’entre Abdou Diouf et Paul Biya ». Selon Pape Niang, vice-président de la communauté Sénégalaise au Cameroun, le Cameroun est un havre de paix. Il a accueilli depuis les indépendances les pays qui traversaient l’instabilité politique. « Et entre ces pays et les Camerounais, il n’y a pas d’animosité. En tant que responsable de la communauté Sénégalaise, c’est l’entente parfait », souligne-t-il.

Face aux discours de haine observés sur l’espace public et les réseaux sociaux la consigne est claire à tous les ressortissants du Sénégal : « de ne pas s’immiscer dans les problèmes camerounais, et de respecter les institutions et les règles du pays d’accueil. À partir du moment où vous avez choisi le Cameroun comme la deuxième patrie, évitez les problèmes ou de se retrouver dans les situations compliquées », rappelle le Vice-président de la communauté Sénégalaise. La survenue de quelques frictions entre Camerounais et Sénégalais reste des évènements passagers, les liens se resserrant chaque jour un peu plus. « C’est au Cameroun que le Sénégal remporte sa première Can, et la dernière Can lorsque, pendant la Can, le Sénégal marquait le but de la victoire, c’est tout le Cameroun qui était derrière cette victoire et content d’avoir battu le pays organisateur le Maroc », se réjouit Abdallah de nationalité camerounaise

Brassage culturel
L’intégration des peuples à la Briqueterie passe aussi par le biais d’unions maritales. Sur place, les subtilités de la beauté féminine camerounaise opèrent des rapprochements et des familles en naissent.
« J’ai vécu avec une femme bamiléké avec qui nous avons eu des enfants, mon dernier fils se trouve au Sénégal », raconte Pape Niang qui a plus de quarante ans au Cameroun. Pour ce qui est des plats Camerounais il dit savourer tous les plats, le « Eru », le « Koki », tous les mets du Cameroun. Et inversement les Camerounais aiment les mets sénégalais notamment «le riz sénégalais, les Camerounais aiment bien le Kossam. Ce sont les tous premiers africains de l’Afrique de l’Ouest reconnus dans la restauration, nous mangeons ensemble dans la fraternité, sans aucune discrimination », rappelle Abdallah. À chaque occasion de la fête de l’Unité nationale du Cameroun, tous ces pays se joignent pour célébrer la diversité culturelle du pays. « Le 20 mai de chaque année nous concerne, pour nous qui vivons au Cameroun c’est notre fête aussi, on ne peut s’extirper de l’ambiance festive, le Cameroun c’est notre seconde patrie », déclare Pape Niang.

Olivier Mbessité

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