Elle prend cependant des valeurs différentes selon qu’on est dans l’aire culturelle Fang-Beti ou dans le Littoral.

L’Assiko, danse culturelle rendue populaire au Cameroun par le truchement du peuple Bassa est aussi pratiquée dans des communautés Ekang. Elle s’est d’ailleurs invitée dans le rite de purification de ce grand peuple sur les rives de la Sanaga du lundi 9 février au mardi, 10 février 2026, parmi tant d’autres à l’instar de l’Essani. La raison en est que «L’Assiko comme toute danse est une expression. Le gestuel qui est accompagné de la musique est une expression d’élévation, de socialisation, des expressions spirituelles. C’est pour cela qu’aucune religion ne se passe de la musique qui est agréable à l’écoute, qui adoucit les cœurs mais aussi les esprits. On exprime cela avec le corps qui va donc créer les agencements et des synchronisations avec le spirituel. Nous on connait l’Assiko Ngond Bi Eton, Assiko Bassa, Assiko Fang, etc».
Chez les Bassa, l’on attribue la pratique de l’Assiko chez les Ekang à des liens anciens tissés entre ces peuples par le biais du mariage. «Il faut savoir qu’on a eu parmi nos parents des hommes qui se déplaçaient, allaient prendre des femmes Beti pour épouses, s’installaient là-bas et créaient des familles. C’est la raison pour laquelle, lorsqu’ils énoncent leur généalogie à un moment, vous retrouvez les ancêtres Bassa. Puis il y’avait des traditions qui permettaient qu’un Beti venu chez nous, soit adopté et reconnu comme fils Bassa. C’est tout ça qui a permis le partage de culture parce qu’au fond, nous sommes un», raconte Mbombok Batoum, président des Ba Mbombok Bassa-Bati-Mpôo.
Une constance se dégage du récit du guide spirituel: l’Assiko existe depuis fort longtemps. Quoique sa longévité soit attestée, cette danse n’a pas de valeur patrimoniale pour le peuple de la grotte. «l’Assiko est une danse de divertissement chez les Bassa», précise Mbombok Batoum. Et d’ajouter: «Elle date de la période des travaux forcés. Et nos parents s’en servaient pour se divertir et se donner de la force. Ils imitaient un peu la sortie des asticots et c’était le point de départ. Un peu comme les noirs qui ont créé le Blues pendant les temps d’esclavage. L’Assiko est beaucoup plus appréciée dans le Nyong-Ekelle et un peu moins dans la zone de Babimbi mais toujours est-il que les Bassa ont leurs danses patrimoniales et pour les exécuter, on utilisait les tam-tams, les tambours, les bambous de Chine, les calebasses et autres», ajoute-t-il.
Source Louise Nsana

