Éducation financière : le CNEF décode les services bancaires
Le Comité national économique et financier du Cameroun (CNEF) s’engage à remplir son mandat en matière d’éducation financière des populations. C’est dans ce cadre qu’il a lancé, le 12 mars 2026, une campagne d’information visant à décoder les mécanismes liés à l’épargne bancaire, au crédit et à la gestion des incidents de paiement dans les banques et microfinances.

Cette initiative prévoit la diffusion d’une centaine d’éléments de communication : bannières, affiches, livrets numériques et spots vidéo. Objectif : améliorer la compréhension des services financiers et optimiser la protection des usagers. « L’ambition, c’est de réussir une meilleure transparence autour des conditions bancaires, pour que chacun sache à quoi s’en tenir et que le banquier connaisse ses obligations. Cela renforcera l’inclusion financière et rassurera le plus grand nombre », souligne Achille Bassilekin III, ministre des Petites et Moyennes entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, représentant le ministre des Finances.
L’expression « améliorer les niveaux d’inclusion financière » traduit une vision de développement : réduire les marges de pauvreté et conduire le pays vers une croissance économique soutenue. Avec un taux de financiarisation de 47,7 % et un taux de bancarisation de 28 % fin 2022, le système financier camerounais exclut encore beaucoup de citoyens. Pour le CNEF, le défi est clair : sortir 84 % de la population de l’ignorance financière.
« Ces fiches répondent à un vrai problème : très peu de Camerounais savent comment se comporter financièrement ou connaître leurs droits auprès des banques et microfinances. Beaucoup se laissent duper ou n’exploitent pas les services disponibles », souligne l’Honorable Adamou Koupit Youmo, député UDC.
Raymond Bertrand Kemwo, directeur régional de l’association Nouvelle vision africaine des droits de l’homme (Novia-DDH) pour le Centre, renchérit : « Le taux de bancarisation est faible. On ne peut construire une économie dans l’informel. Les gens sont très actifs dans les tontines et associations, mais hésitent à aller à la banque. Beaucoup ignorent que celle-ci peut accompagner les entrepreneurs, pour l’épargne comme pour le crédit. »
Selon l’activiste social, le problème tient à une communication insuffisante : « Si l’argent est thésaurisé, il ne sert à rien. Les banques sont conscientes du niveau d’alphabétisation et du manque de communication vers le grand public », indique-t-il.
Le CNEF a étudié les obstacles à la culture financière lors de plusieurs enquêtes. Emmanuel Asafor Cho, secrétaire général adjoint, constate : « L’ignorance entraîne le non-respect des obligations d’information, les informations varient selon les banques et, telles qu’elles sont publiées, elles ne permettent pas une bonne visibilité. »
Pour y remédier, les fiches éducatives bannières, spots audio et vidéo, documents numériques suivent trois axes : exposer la situation initiale, présenter la solution « Le sais-tu ? » et inciter à l’action « SoisWise ». D’autres supports sont en cours de préparation pour diffusion courant 2026.
Louise Nsana



