Filière bois : la CEEAC et l’ITC scellent une alliance pour conquérir les marchés

La forêt veut parler d’avenir. Et la CEEAC entend bien lui donner une voix plus forte sur les marchés internationaux. Entre Genève et Nantes, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale a multiplié les rendez-vous pour transformer l’immense richesse forestière du bassin du Congo en véritable levier de développement économique.

Réunie du 2 au 4 juin avec le Centre du commerce international (ITC), la délégation conduite par le commissaire Da Silva Oluimo Diai Tavira a jeté les bases d’un partenariat renforcé avec l’institution onusienne. Dans le viseur : la signature prochaine d’un mémorandum d’entente et l’accélération des programmes destinés à améliorer la compétitivité et l’accès aux marchés pour les entreprises d’Afrique centrale.
Au siège genevois de l’ITC, les échanges avec sa directrice exécutive, Pamela Coke-Hamilton, ont permis de passer en revue les avancées du programme ACTMA-CEEAC et les défis qui restent à relever pour soutenir la diversification des économies de la sous-région. Une ambition qui dépasse la seule question commerciale et s’inscrit dans une stratégie plus large d’intégration régionale.
Cap ensuite sur Nantes, où le Carrefour international du bois a réuni quelque 650 acteurs venus de quarante pays. Dans les allées du salon, la délégation de la CEEAC a pris le pouls d’un secteur en pleine mutation, marqué par le durcissement des exigences européennes et l’importance croissante accordée à la traçabilité et à la certification des produits forestiers.
Pour les pays d’Afrique centrale, détenteurs d’une des plus importantes réserves forestières de la planète, l’enjeu est clair : sortir du modèle d’exportation de matières premières brutes pour miser sur la transformation locale et la création de valeur ajoutée.
Lors d’une table ronde organisée avec l’ITC autour du Mécanisme de révision des chaînes de valeur, États membres, opérateurs privés et partenaires techniques ont convergé vers une même conclusion : la compétitivité du bois africain passera par une meilleure coordination régionale et un dialogue public-privé plus structuré.
La CEEAC, qui travaillera désormais avec l’ITC et l’ONUDI pour mettre en œuvre les recommandations formulées, veut faire de la filière bois un pilier de la diversification économique. Une manière de prouver que, dans le bassin du Congo, les arbres ne sont pas seulement un patrimoine à préserver, mais aussi une promesse d’industrialisation durable.
JRMA



