Gouvernance aérienne mondiale : l’Afrique centrale veut prendre de l’altitude

L’Afrique centrale entend désormais parler d’une seule voix dans les enceintes où se dessine l’avenir du transport aérien mondial.

Réunis à Yaoundé du 11 au 12 juin 2026, les directeurs généraux des autorités de l’aviation civile de la sous-région ont tenu une session stratégique destinée à harmoniser leurs positions avant plusieurs échéances majeures inscrites à l’agenda international.
Accueillie à l’initiative de Mme Awomo Assoumou Paule épouse Koki, directrice générale de l’Autorité aéronautique du Cameroun (CCAA) et vice-présidente de la Commission africaine de l’aviation civile (CAFAC) pour l’Afrique centrale, cette rencontre a illustré la volonté croissante des États de la région de renforcer leur influence dans la gouvernance mondiale du secteur.
L’enjeu est considérable. Entre la Convention et l’Exposition africaine du transport aérien prévue à Lomé, la Semaine de l’aviation AFI, la Conférence du transport aérien de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), programmée en novembre prochain à Montréal, ainsi que la conférence ICAN annoncée en Guinée équatoriale, les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir du transport aérien africain.
Au-delà de la préparation de ces rendez-vous, les responsables réunis dans la capitale camerounaise ont surtout cherché à définir une vision concertée sur les grandes problématiques auxquelles fait face la sous-région. La modernisation des infrastructures aéroportuaires, l’amélioration de la connectivité entre les pays d’Afrique centrale, le renforcement des normes de sécurité et de sûreté, la formation des ressources humaines et l’accélération de la transformation numérique figurent parmi les priorités identifiées.
Dans un contexte marqué par la concurrence accrue entre les grands pôles aéronautiques mondiaux, les États de la sous-région considèrent que leur capacité à défendre efficacement leurs intérêts dépendra largement de leur aptitude à coordonner leurs positions. L’ambition est également de renforcer la présence de l’Afrique centrale au sein des organes décisionnels internationaux, où se déterminent les orientations stratégiques du secteur.
Les travaux ont bénéficié de l’expertise de M. Esono Anguesomo, représentant permanent de la région Afrique centrale auprès de l’OACI, et de M. Zoa Etundi Engelbert, représentant permanent du Cameroun auprès de cette institution spécialisée des Nations unies. Leurs interventions ont permis d’éclairer les participants sur les enjeux diplomatiques et réglementaires qui entourent les prochaines négociations.
Organisée selon un format hybride, la rencontre a combiné séances présentielles et participation à distance afin d’assurer une représentation élargie des autorités compétentes. Les échanges se sont tenus à l’École de formation de la CCAA, devenue au fil des années un pôle de référence pour la formation aux métiers de la sécurité et de la sûreté de l’aviation civile en Afrique centrale.
Cette réunion de Yaoundé témoigne d’une évolution plus profonde. Face aux mutations rapides du transport aérien mondial et aux ambitions d’intégration continentale portées par le Marché unique du transport aérien africain, les pays d’Afrique centrale entendent faire valoir une approche plus coordonnée et davantage tournée vers les intérêts communs.
Plus qu’une simple réunion technique, ce conclave apparaît ainsi comme une étape importante dans la construction d’une diplomatie aéronautique régionale. Une manière pour l’Afrique centrale d’affirmer sa place dans un secteur en pleine recomposition et de faire entendre sa voix dans les débats qui façonneront le ciel africain de demain.
Ongoung Zong Bella



