Insécurité à l’Extrême-Nord : les communautés dans l’etau des déplacements forcés
On n’en a pas fini avec le calvaire des populations dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. La période de janvier à mai 2026 a confirmé la persistance des menaces à la sécurité et la stabilité des communautés y établies.

“ Le soir du 26 avril 2026, une attaque attribuée aux Groupes armés non étatiques (GANE) a eu lieu derrière le trancher de Limani avec pour bilan trois personnes tuées. Le soir du 9 avril, une attaque de GANE a eu lieu sur le site d’Eneo à Waza, à la suite d’une embuscade menée par les forces de défense à Kangarwa, faisant un bilan de plusieurs litres de carburant emportés. Le matin du 1er avril, à Limani derrière l’école publique, arrondissement de Mora, enlèvement de huit enfants dans une zone de pâturage par un GANE ”, alerte l’Organisation internationale des migrations (OIM) le 7 mai.
Résultat de ces incursions: des populations contraintes au déplacement et avec cela, l’effritement des communautés. “ Au 7 mai, environ 75 ménages, représentant un total de 412 individus, se sont déplacés et se trouvent dans des familles d’accueil ou dans des sites spontanés”, renseigne l’OIM. Ces derniers ont précisément refuge dans la localité de Koré centre, arrondissement de Moulvoudaye, département du Mayo Kani.
Les faits survenus dans cette partie du pays ne sont pas isolés. Plusieurs départements de l’Extrême-Nord ont enregistré des incidents sécuritaires. Qu’il s’agisse du Logone et Chari, du Mayo Tsanaga ou du Mayo Sava, les attaques n’ont eu de cesse de se multiplier. Dans les villages, les champs les zones pastorales, piscicoles et sur certains axes routiers. Plus de 15 300 personnes (2 235 ménages ont été contraints d’abandonner leurs foyers pour échapper aux attaques, aux incursions et aux menaces croissants dans leurs localités.
Menaces croissantes
Le mot est bien placé car au-delà des évènements eux-mêmes, la recrudescence des faits dérange. Et pour cause, le phénomène est en hausse. “ Comparée à la même période en 2025, la situation sécuritaire présente une augmentation des incidents liés aux engins explosifs, passant de 2 à 9 en 2026. Par ailleurs les attaques contre les infrastructures civiles montrent également une hausse modérée avec deux écoles et quatre centres de santé intégrés en 2026, contre une école et un centre en 2025. Cette évolution indique une exposition persistante des services sociaux de base ”, indique l’Organisation; qui rappelle à la conscience collective les autres crises qui plombent l’existence des populations à l’Extrême-Nord. Notamment les crises environnementales et alimentaires.
Louise Nsana



