Passy Betebe : « L’Afrique centrale présente une vulnérabilité particulière »

La cybercriminalité change de visage en Afrique centrale. Elle ne concerne plus seulement quelques escrocs opérant derrière un écran. Elle touche les particuliers, les banques, les entreprises, les administrations et, potentiellement, les acteurs politiques. Dans une Note publiée en août 2026 par l’Institut français des relations internationales (IFRI), le chercheur Philippe Awono Eyebe analyse les pratiques cybercriminelles au Cameroun, au Gabon, au Tchad et en Centrafrique. Son enquête, menée auprès de 107 personnes, montre l’ampleur d’un phénomène qui exploite aussi bien les failles technologiques que les vulnérabilités humaines. Passy Betebe commente les principaux enseignements de cette étude et décrypte les défis auxquels la sous-région doit désormais faire face.

L’étude de Philippe Awono Eyebe arrive à un moment où la cybercriminalité semble devenue presque ordinaire. Est-ce justement ce qui doit inquiéter ?
Oui. Le premier danger est précisément la banalisation. Lorsque la cybercriminalité devient une expérience quotidienne, on finit par considérer l’arnaque numérique comme une sorte de fatalité. Un compte WhatsApp piraté, un portefeuille électronique vidé, un faux message reçu sur son téléphone : tout cela finit par entrer dans le registre des mésaventures ordinaires.
Or l’étude de Philippe Awono Eyebe montre que nous sommes face à quelque chose de beaucoup plus structuré. Son enquête porte sur le Cameroun, la Centrafrique, le Gabon et le Tchad. Elle révèle que 90 % des 107 personnes interrogées déclarent avoir déjà été victimes d’un acte cybercriminel. Il faut respecter les limites statistiques de cet échantillon, mais le résultat donne une indication forte sur l’exposition des utilisateurs.
Le cybercrime n’est donc plus un phénomène marginal réservé à quelques spécialistes de l’informatique. Il accompagne désormais les usages ordinaires du téléphone, des réseaux sociaux et du mobile money.
Qu’est-ce qui vous paraît le plus révélateur dans les résultats de cette étude ?
C’est la diversité des méthodes. On parle souvent de « hackers » comme s’il existait un profil unique du cybercriminel. En réalité, les pratiques sont beaucoup plus variées. L’étude identifie notamment le piratage de comptes, l’hameçonnage, le vol de porte-monnaie électronique et le cyberharcèlement comme les principales infractions rapportées. Facebook et WhatsApp sont particulièrement exposés parce qu’ils font partie des outils les plus utilisés.
Ce qui me paraît particulièrement intéressant, c’est la combinaison entre technologie et psychologie. Les escrocs ne cherchent pas systématiquement à contourner une technologie sophistiquée. Ils cherchent parfois simplement à convaincre une personne de leur donner l’information dont ils ont besoin. C’est une évolution majeure. Le cybercriminel a compris que l’être humain est souvent le meilleur chemin vers le système.
Vous voulez dire que la victime devient elle-même, involontairement, l’outil de l’attaque ?
Exactement. Prenons un scénario simple. Une personne reçoit un message qui semble provenir de son opérateur téléphonique ou de sa banque. On lui demande de confirmer une opération, de communiquer un code ou de cliquer sur un lien. Elle agit parce qu’elle pense répondre à une demande légitime. Techniquement, le criminel n’a pas nécessairement « cassé » le système. Il a obtenu que l’utilisateur lui ouvre la porte.
L’étude décrit précisément cette mécanique. Les escroqueries combinent souvent manipulation psychologique et intrusion numérique. Le cybercriminel peut observer les habitudes de sa victime, construire progressivement une relation de confiance puis provoquer le passage à l’acte. C’est pourquoi la cybersécurité ne peut plus être considérée uniquement comme une affaire d’informaticiens.
Le mobile money apparaît comme une cible importante. Faut-il remettre en cause son développement ?
Non. Ce serait une mauvaise conclusion. Le mobile money constitue une avancée considérable. Il permet à des populations qui n’ont pas toujours accès au système bancaire classique d’effectuer des transactions financières à partir d’un téléphone. L’Afrique centrale comptait 14,8 millions de comptes actifs de mobile money en 2022. Le Cameroun représentait à lui seul 69,14 % des transactions électroniques de la CEMAC selon les données reprises dans l’étude.
Mais chaque innovation crée aussi une nouvelle surface de vulnérabilité. Lorsque le téléphone devient un portefeuille, il devient naturellement une cible. Lorsque les réseaux sociaux deviennent des espaces commerciaux, ils deviennent également des espaces d’escroquerie. Il faut donc accompagner l’expansion du numérique par une expansion équivalente de la culture de sécurité numérique.
Est-ce que les utilisateurs sont suffisamment sensibilisés ?
Non, et c’est probablement l’un des points sur lesquels il faut insister. On peut acheter un smartphone très sophistiqué sans savoir distinguer un véritable site d’un site cloné. On peut utiliser quotidiennement un portefeuille électronique sans connaître les principales techniques de manipulation utilisées par les escrocs. L’étude montre d’ailleurs que certaines arnaques reposent sur des faux sites d’entreprises, de faux sites administratifs, de fausses annonces immobilières ou de fausses propositions d’investissement. Certains sites frauduleux ressemblent suffisamment aux originaux pour tromper des utilisateurs attentifs. La sensibilisation doit donc sortir du modèle de la campagne ponctuelle. Il ne suffit pas de publier une affiche disant : « Attention aux arnaques ». Il faut expliquer comment l’arnaque fonctionne.
Les cybercriminels deviennent-ils plus professionnels ?
C’est l’un des enseignements importants de l’étude. Il existe évidemment des opportunistes. Mais certains acteurs ont développé des pratiques beaucoup plus organisées. Les enquêteurs interrogés décrivent des individus qui utilisent plusieurs téléphones, changent régulièrement de cartes SIM et cherchent à rendre leur localisation plus difficile.
L’étude évoque également des opérations menées depuis les prisons, notamment au Gabon, et souligne l’existence possible de cyber-mercenaires intervenant dans des affrontements politiques. Cela nous oblige à changer notre représentation du cybercriminel. Nous ne sommes plus seulement face à quelqu’un qui tente une escroquerie depuis son téléphone. Nous pouvons être face à des acteurs qui connaissent les outils, les habitudes des utilisateurs et les failles des systèmes.
La dimension politique du cybercrime vous paraît-elle sous-estimée ?
Elle mérite certainement davantage d’attention. Lorsque des comptes de responsables politiques sont piratés, lorsque des identités sont usurpées ou lorsque des informations sont utilisées pour influencer une opinion, nous sortons du simple registre de l’escroquerie financière. Le cyberespace devient alors un espace de compétition politique.
L’étude évoque des « cyber-mercenaires » susceptibles d’attaquer des comptes de responsables politiques pour le compte d’autres acteurs politiques. Il faut évidemment traiter cette question avec prudence et ne pas généraliser à partir de quelques cas. Mais le phénomène mérite d’être étudié. Les États doivent se préparer à des attaques qui ne visent pas uniquement l’argent. Certaines peuvent viser la réputation, la confiance, l’information ou la stabilité politique.
L’Afrique centrale présente-t-elle une vulnérabilité particulière face à la cybercriminalité ?
Oui, et cette vulnérabilité tient à un paradoxe. La région connaît une progression rapide des usages numériques, notamment de la téléphonie mobile, des réseaux sociaux et du mobile money, alors que les capacités de protection restent inégalement développées.
L’étude de Philippe Awono Eyebe montre bien ce décalage : les pays de la sous-région construisent progressivement leurs politiques de cyber-sécurité, mais certaines dimensions essentielles de la lutte restent encore insuffisamment prises en compte.
Il faut aussi tenir compte des réalités propres à l’Afrique centrale. Les coupures d’électricité peuvent affecter les capacités techniques des services chargés de lutter contre la cybercriminalité. Le manque d’équipements spécialisés et de personnels suffisamment formés constitue également un obstacle. À cela s’ajoutent les difficultés de coopération lorsque les cybercriminels opèrent à partir de plusieurs pays.
La situation est d’autant plus préoccupante que les frontières ne constituent pas une véritable protection dans le cyberespace. Un criminel peut cibler une victime dans un pays, utiliser des moyens techniques situés dans un autre et déplacer les fonds ailleurs. La réponse doit donc être régionale.
Mais il ne faut pas présenter l’Afrique centrale comme une région condamnée à subir. Elle dispose déjà de compétences, de structures et de cadres juridiques qui peuvent servir de point de départ. L’urgence est maintenant de mettre ces capacités à niveau, de les connecter entre elles et de faire de la cyber-sécurité un véritable enjeu de coopération régionale.
Les banques et les administrations sont-elles suffisamment protégées ?
Il serait difficile de répondre par l’affirmative de manière générale. Les institutions disposent de moyens supérieurs à ceux d’un particulier, mais elles représentent aussi des cibles beaucoup plus intéressantes. Elles concentrent de l’argent, des données et des informations stratégiques. Une attaque contre un particulier peut provoquer un dommage individuel. Une attaque contre une banque, une administration ou une grande entreprise peut produire un effet en chaîne. C’est pourquoi la cyber-sécurité doit être intégrée à la gouvernance générale des institutions. Elle ne doit pas rester enfermée dans le service informatique. Le dirigeant, le juriste, le responsable des ressources humaines, le responsable de la communication et le personnel doivent tous être concernés.
L’étude critique aussi la réponse des pouvoirs publics. Les États sont-ils vraiment en retard ?
Ils ont commencé à réagir. Il faut le reconnaître. Les pays de la sous-région ont adopté des cadres juridiques et créé des structures spécialisées. La Centrafrique et le Gabon ont notamment adopté récemment leurs législations spécifiques. Les textes définissent les infractions, prévoient des sanctions et permettent certaines formes d’investigation numérique.
Mais avoir une loi ne signifie pas nécessairement disposer d’une capacité opérationnelle suffisante. La vraie question est : que peut faire concrètement un enquêteur lorsqu’une attaque survient ? Dispose-t-il des équipements ? Peut-il identifier rapidement l’auteur ? Peut-il obtenir les données nécessaires ? Peut-il coopérer avec les autorités d’un autre pays ? C’est à ce niveau que les écarts deviennent visibles.
Le manque d’équipements est-il vraiment aussi important ?
Oui. Une enquête cybercriminelle exige des moyens techniques spécifiques. L’étude souligne les difficultés liées notamment aux coupures d’électricité, au manque d’investissements et aux limites des équipements. Elle relève également les problèmes de localisation et les difficultés liées aux téléphones ou aux cartes SIM utilisés par les criminels.
Il y a une forme de paradoxe : nous voulons lutter contre une criminalité qui utilise des technologies avancées avec des services qui ne disposent pas toujours des technologies nécessaires pour la poursuivre. C’est comme demander à une police de poursuivre une voiture rapide avec une bicyclette.
Le cas des Computer Emergency Response Teams est assez parlant…
Tout à fait. Au moment de l’étude, le Cameroun était le seul des quatre pays étudiés à disposer d’une Computer Emergency Response Team opérationnelle. Ces équipes ont précisément pour fonction d’apporter une assistance aux personnes ou aux institutions victimes de cyberattaques.
C’est un indicateur intéressant parce qu’il montre que la cyber-sécurité ne se résume pas à la promulgation d’une loi. Il faut des équipes capables de détecter, analyser, contenir et traiter les incidents. Et surtout, il faut les maintenir à niveau. Une équipe formée aujourd’hui avec des outils performants peut devenir insuffisante demain si elle n’est pas régulièrement formée.
L’Afrique centrale souffre-t-elle d’un problème de coopération ?
Oui, et c’est probablement l’un des grands défis à venir. La cybercriminalité ne respecte pas les frontières. Un individu peut être dans un pays, cibler une victime dans un autre, utiliser un serveur situé ailleurs et déplacer l’argent par plusieurs intermédiaires.
Pour le criminel, cette dispersion peut être un avantage. Pour les enquêteurs, elle devient un casse-tête.
Il faut donc renforcer les mécanismes de coopération judiciaire, policière et technique.
L’harmonisation des législations est également importante. Si les États n’ont pas les mêmes règles, les mêmes procédures ou les mêmes capacités, les criminels peuvent exploiter les différences entre les systèmes.
Peut-on vraiment harmoniser les réponses dans une région aussi diverse ?
Il ne s’agit pas de demander aux États de copier exactement les mêmes textes. Il faut plutôt établir un socle commun : définition des infractions, procédures de conservation et de transmission des preuves numériques, mécanismes de coopération, formation des enquêteurs et échanges entre structures spécialisées.
Il faut également créer des réseaux de confiance entre les institutions. Une coopération efficace ne se décrète pas lorsqu’une attaque se produit. Elle se prépare avant.
Vous insistez beaucoup sur les victimes. Pourquoi ?
Parce qu’elles sont le maillon le plus visible et parfois le plus oublié. L’étude montre que certaines victimes ne portent pas plainte. Dans les cas de cyber-harcèlement fondé sur des photos ou vidéos intimes, la honte peut être particulièrement forte. Certaines victimes craignent d’être jugées ou exposées. Le silence a alors un effet doublement négatif.
La victime reste seule. Et les autorités ne disposent pas de l’information qui leur permettrait de comprendre l’ampleur et les mécanismes du phénomène. Une politique de cyber-sécurité efficace doit donc aussi construire un environnement dans lequel la victime peut parler.
Le silence des victimes fausse-t-il notre perception du phénomène ?
Oui. Les statistiques officielles reflètent d’abord les faits signalés et enregistrés. Or tout ce qui n’est pas signalé échappe à cette photographie. Cela signifie que nous pouvons sous-estimer certaines formes de cybercriminalité. Le cyber-harcèlement est un bon exemple. Une personne peut subir des menaces pendant plusieurs semaines sans jamais porter plainte. Une autre peut perdre de l’argent et préférer ne rien dire par honte. Il faut donc améliorer les mécanismes de signalement et surtout rassurer les victimes sur la confidentialité et la prise en charge.
Le facteur féminin est-il particulier dans cette criminalité ?
L’étude met effectivement en évidence une exposition particulière des femmes au cyber-harcèlement, notamment dans les affaires impliquant des photos ou vidéos intimes. Cela mérite une réponse spécifique.
Il ne faut pas traiter ces affaires comme de simples querelles privées. La diffusion non consentie d’images intimes, le chantage et les menaces peuvent avoir des conséquences psychologiques, sociales et professionnelles considérables. La réponse doit donc associer justice, police, plateformes numériques et accompagnement des victimes.
L’intelligence artificielle risque-t-elle d’aggraver la situation ?
Elle peut effectivement amplifier certaines menaces.
L’intelligence artificielle peut être utilisée pour produire rapidement des contenus, automatiser certaines opérations ou rendre certaines manipulations plus crédibles.
Mais il serait dangereux de présenter l’IA uniquement comme une menace. Elle peut aussi renforcer la détection, l’analyse et la prévention. Le véritable enjeu est celui du rythme. Les pouvoirs publics doivent anticiper. S’ils attendent que chaque technologie soit massivement détournée avant de commencer à réfléchir à ses implications, ils auront toujours un temps de retard.
Quelle devrait être la priorité des États ?
Je vois au moins cinq priorités.
La première est la formation. Il faut davantage de spécialistes et une formation continue.
La deuxième est l’équipement. Les services doivent disposer des outils nécessaires pour enquêter.
La troisième est la coopération régionale et internationale.
La quatrième est la sensibilisation des utilisateurs.
La cinquième est l’amélioration de la prise en charge des victimes.
Il faut également intégrer la cyber-sécurité aux politiques économiques. Plus une économie devient numérique, plus sa sécurité numérique devient une condition de son fonctionnement.
Faut-il revoir les lois existantes ?
Pas nécessairement les réécrire entièrement à chaque innovation.
Il faut surtout prévoir des mécanismes permettant leur adaptation. Le droit doit rester suffisamment précis pour protéger les libertés et suffisamment évolutif pour répondre aux nouvelles formes de criminalité.
Mais je crois qu’il faut éviter une illusion : aucun texte juridique ne pourra empêcher à lui seul une attaque. Une loi sans enquêteurs formés, sans équipements et sans coopération reste largement théorique.
Quel rôle les entreprises doivent-elles jouer ?
Un rôle central. Les banques, les opérateurs téléphoniques, les plateformes et les entreprises disposent d’informations indispensables à la prévention et à l’enquête.
Ils doivent renforcer leurs systèmes de sécurité, sensibiliser leurs clients et collaborateurs et disposer de procédures rapides de réaction. Il faut également encourager le signalement des incidents.
Une entreprise qui cache une attaque pour préserver son image peut involontairement permettre à d’autres victimes de tomber dans le même piège. La cybersécurité doit donc devenir une responsabilité partagée.
Et le citoyen ?
Il doit comprendre qu’il est un acteur de la cybersécurité. Il faut vérifier avant de cliquer, protéger ses mots de passe, éviter de communiquer des codes confidentiels, contrôler les demandes inhabituelles et signaler rapidement les incidents. Mais attention à ne pas culpabiliser les victimes. Dire à quelqu’un qu’il a été naïf après une escroquerie ne règle rien. Il faut comprendre pourquoi il a été trompé et améliorer les dispositifs qui permettent d’éviter que cela se reproduise. La sensibilisation doit être pédagogique, pas moralisatrice.
Après la lecture de cette étude, êtes-vous plutôt inquiet ou optimiste ?
Je dirais : vigilant. Il y a des raisons d’être inquiet. La criminalité évolue rapidement, les méthodes se diversifient et les capacités publiques restent inégales.
Mais il existe aussi des raisons d’être optimiste. Le sujet est désormais mieux identifié. Des législations existent. Des agences ont été créées. Des chercheurs commencent à documenter les pratiques. Les États comprennent progressivement que la cyber-sécurité est une composante de la sécurité nationale. Le plus important est de ne pas attendre une cyber-crise majeure pour accélérer.
Quelle est, finalement, la principale leçon de l’étude de Philippe Awono Eyebe ?
Elle montre que le problème n’est pas seulement celui des hackers. C’est celui de notre transformation numérique.
Nous avons adopté les téléphones, les réseaux sociaux, le mobile money et les services numériques beaucoup plus rapidement que nous n’avons pas construit les réflexes, les compétences et les institutions nécessaires pour les sécuriser. La cybercriminalité profite de cet écart. Si nous voulons réduire la menace, il faut donc réduire cet écart.
Cela signifie investir dans les compétences, les équipements, la coopération et l’éducation numérique.nEt surtout comprendre que la cyber-sécurité n’est plus une question secondaire. Elle touche désormais le citoyen qui reçoit un SMS, le commerçant qui accepte un paiement mobile, la banque qui gère des millions de transactions, l’administration qui conserve des données et l’État qui protège ses infrastructures.
Propos recueillis par JRMA



