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Protection du bassin du Nyong : l’urgence de redonner vie à un patrimoine menacé

À un mois de la Conférence internationale sur le fleuve Nyong, scientifiques et acteurs locaux appellent à une mobilisation pour sauver un bassin hydrographique fragilisé par les changements climatiques et le manque de données actualisées.

Le Nyong tousse. Ses eaux continuent de couler, mais le grand fleuve du Sud-Cameroun perd progressivement de sa vigueur. Les poissons se raréfient, les écosystèmes se fragilisent et les populations riveraines voient leurs moyens de subsistance de plus en plus affectés. Face à cette situation préoccupante, les acteurs engagés dans la protection du bassin hydrographique veulent remettre la question au centre des priorités.

Prévue du 20 au 24 juillet 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, la Conférence internationale sur le fleuve Nyong (CIFLEN) se présente comme un rendez-vous de la dernière chance pour impulser une dynamique nouvelle autour de ce patrimoine naturel. «Il faut sauver le fleuve Nyong», martèle Dieudonné Xavier Ateba, président du comité d’organisation. Mardi 16 juin, lors d’une conférence de presse à Fouda, à Yaoundé, le ton se voulait grave, presque alarmiste.

Sur les berges…
Car derrière les chiffres et les études se cache une réalité bien tangible. Les pêcheurs voient leurs prises diminuer. Certaines ressources aquatiques, autrefois abondantes, se font désormais rares. Une évolution que les populations riveraines attribuent aux effets conjugués des changements climatiques et de la dégradation progressive des écosystèmes.

Pour les promoteurs de la Ciflen, l’heure n’est plus aux déclarations d’intention. Il s’agit désormais de passer des discours aux actes. «Le moment est venu de transformer les promesses en actions», insiste Dieudonné Xavier Ateba. Investissements, accompagnement des collectivités territoriales, financement des projets communautaires : les attentes sont nombreuses. Les organisateurs espèrent ainsi fédérer pouvoirs publics, partenaires techniques et financiers, chercheurs et élus locaux autour de solutions concrètes.

Au cœur des préoccupations figure une carence jugée préoccupante : l’absence de données scientifiques récentes sur le bassin du Nyong. Or, sans connaissances actualisées, difficile d’élaborer des politiques efficaces ou de convaincre les bailleurs de fonds de soutenir les projets de conservation. «Nous souhaitons que les données sur le Nyong soient réactualisées afin de dégager des projets qui seront portés par le gouvernement, les partenaires au développement et les populations locales», explique le président du comité d’organisation.

Même son de cloche chez les scientifiques. Pour le Dr Joseph Owona, président du comité scientifique, cette mise à jour constitue un préalable indispensable. «Sans données actualisées, nous n’arrivons pas à démontrer l’importance d’un travail scientifique approfondi sur le Nyong», souligne-t-il.
Les recherches envisagées concernent notamment la qualité de l’eau, la biodiversité des écosystèmes et le reboisement des berges. Des chantiers considérables, mais jugés indispensables pour assurer la survie de ce bassin hydrographique, dont dépendent des milliers de personnes.

Au-delà des enjeux environnementaux, les organisateurs voient dans la CIFLEN une opportunité de développement économique et social. Car préserver le Nyong, soutiennent-ils, c’est aussi protéger les communautés riveraines, soutenir les activités génératrices de revenus et renforcer la résilience face aux dérèglements climatiques.
À un mois de la rencontre, le message se veut sans ambiguïté : sauver le Nyong n’est plus seulement une affaire de scientifiques ou d’écologistes. C’est désormais un impératif pour préserver l’un des principaux réservoirs de biodiversité du pays et garantir aux générations futures un héritage naturel encore vivant.

Olivier Mbessité

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