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Sur la toile : enfants connectés, vigilance obligatoire

Entre promesses numériques et dangers invisibles, le gouvernement sonne l’alarme pour protéger les enfants des pièges du web.

Le numérique n’est plus une fenêtre ouverte sur le monde. Il est devenu une pièce de la maison. Les enfants y grandissent, y apprennent, y jouent, y échangent. Mais derrière les écrans lumineux se cachent parfois des zones d’ombre. C’est autour de cette réalité que le ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL) a, le 18 juin dernier à Yaoundé, réuni administrations, société civile, acteurs du numérique et représentants de Meta Platforms pour une journée d’échanges consacrée à la sécurité des enfants en ligne. Thème de la journée : « Pour un internet plus sûr pour les enfants : enjeux, responsabilités et actions concertées ».
Dans un ton mêlant pédagogie et fermeté, la ministre des Postes et Télécommunications, Mme Minette Libom Li Likeng, a rappelé que « la protection de nos enfants dans l’environnement numérique constitue désormais un enjeu majeur de politique publique, de sécurité nationale et de cohésion sociale ».

Une manière de souligner que la question dépasse largement le simple cadre technique.
Pour le gouvernement, il n’est pas question de diaboliser Internet. Bien au contraire. Le numérique est présenté comme un puissant levier d’émancipation. « Notre responsabilité n’est pas d’éloigner les enfants du numérique, mais de les accompagner afin qu’ils puissent en tirer le meilleur parti, dans un environnement sécurisé, encadré et protecteur », a insisté le membre du gouvernement.
Car les opportunités sont immenses. Accès à la connaissance, apprentissage des langues, développement des compétences numériques, ouverture sur d’autres cultures : la révolution digitale offre aux jeunes générations des outils que leurs aînés n’auraient osé imaginer. Mais ce monde connecté possède aussi son envers du décor.

Gravité
Cyberharcèlement, contenus haineux, atteintes à la vie privée, usurpation d’identité, escroqueries en ligne ou encore manipulation des plus jeunes : la liste des menaces dressée par la ministre a pris des allures d’inventaire préoccupant. « Beaucoup d’enfants ne mesurent pas toujours les conséquences de ce qu’ils publient, partagent ou acceptent sur Internet », a-t-elle averti.
Autre sujet d’inquiétude : la banalisation de certains comportements numériques. Un clic anodin, une photo publiée sans réflexion ou l’acceptation d’une demande d’amitié venue d’un inconnu peuvent parfois ouvrir la porte à des situations bien plus sérieuses.
Face à ces risques, le MINPOSTEL plaide pour une mobilisation générale. Parents, enseignants, opérateurs de télécommunications, plateformes numériques, médias et associations sont appelés à jouer leur partition. Car, rappelle la ministre, « la protection de l’enfant en ligne est à la fois une question de sécurité, d’éducation, de responsabilité et de citoyenneté numérique ».
À l’heure où les enfants naissent presque avec un écran entre les mains, l’enjeu n’est plus de les déconnecter du monde, mais de leur apprendre à y naviguer sans s’y perdre. Car sur Internet comme ailleurs, l’innocence a parfois besoin d’un mot de passe : la vigilance.

Jean-René Meva’a Amougou

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