Webinaire Xinhua – Intelligence artificielle : les médias africains face au défi de la transition numérique

À partir de Nairobi au Kenya, près de 200 journalistes africains prennent part à un webinaire sur les usages de l’intelligence artificielle dans les médias. Organisée par l’agence chinoise Xinhua, cette initiative illustre l’accélération de la transformation numérique du paysage médiatique africain. Pour les journalistes camerounais, le défi est désormais de ne pas rester à l’écart.

Connecté à leurs ordinateurs, près de 200 professionnels des médias ont participé, lundi 15 juin 2026 à partir de 7 heures, heure du Cameroun, à une session de formation organisée par le Bureau régional Afrique de l’agence de presse chinoise Xinhua. Au programme : production de contenus assistée par intelligence artificielle, narration visuelle, vérification des faits et intégration des nouveaux outils numériques dans les rédactions. Cette séance de travail a vu la participation de plusieurs personnalités de la haute classe diplomatique chinoise dont Zhang Zhizhong, conseiller ministériel à l’ambassade de Chine au Kenya. A l’issue des travaux il a estimé que « les technologies émergentes améliorent la collecte et la diffusion de l’information », estimant que cette formation devait permettre aux médias africains de partager leurs expériences et d’adopter les meilleures pratiques.
À plusieurs milliers de kilomètres de Nairobi, les préoccupations sont similaires. Dans les rédactions de Yaoundé, Douala, Maroua ou Garoua, les journalistes commencent eux aussi à expérimenter les outils d’intelligence artificielle. Traduction automatique, transcription d’interviews, synthèse documentaire ou assistance à la rédaction : les usages se multiplient, même si leur déploiement reste inégal. Pour Modeste Njantou, journaliste exerçant en freelance à Yaoundé, « l’IA permet de gagner un temps précieux sur certaines tâches techniques, mais elle ne remplacera jamais le travail d’enquête ni le contact avec les populations ». Pour les responsables de rédaction, qui se montrent, eux, plus prudents, « l’outil est intéressant, mais il faut former les journalistes afin d’éviter les erreurs, les biais et les risques de désinformation », explique Lamissa André, responsable dans un groupe de presse camerounais.
Pour le chercheur camerounais Dr Menye Jocelyn, spécialiste des médias numériques, cette transition est désormais incontournable : « les rédactions africaines ne peuvent plus ignorer l’intelligence artificielle. L’enjeu n’est pas de remplacer les journalistes, mais de leur donner les moyens d’améliorer leur productivité tout en renforçant les mécanismes de vérification de l’information », analyse-t-il. Les autorités publiques suivent également cette évolution. Au Cameroun, le ministère de la Communication encourage progressivement la modernisation des médias, tandis que plusieurs écoles de journalisme commencent à intégrer des modules consacrés aux technologies numériques et à l’intelligence artificielle. Reste que le défi dépasse largement la simple maîtrise des logiciels. Il pose aussi la question des investissements, de la protection des données, de l’éthique journalistique et de la souveraineté numérique des médias africains.
À Nairobi, la formation organisée par Xinhua apparaît ainsi comme un signal fort : l’intelligence artificielle s’impose désormais dans les rédactions du continent. Pour les médias camerounais, l’enjeu n’est plus de savoir si cette révolution aura lieu, mais comment l’accompagner sans sacrifier les principes fondamentaux du journalisme : la rigueur, la vérification des faits et l’indépendance de l’information.
Tom.



