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Minerais critiques : les USA renforcent leurs positions au Cameroun

Cela se donne à voir avec le renouvellement de 13 permis d’exploration pour l’alliance américano-australienne Tronox- Lion Rock. Ce qui ouvre la voie à un investissement de 500 millions de dollars.

L’Ambassade des USA à Yaoundé a remis en lumière ce 01er octobre 2026 le projet d’exploitation de minerais stratégiques à Minta, dans la région du Centre-Cameroun. C’est peu de dire que la chancellerie s’en vante, du fait notamment du positionnement de l’entreprise américaine Tronox dans ce projet d’envergure. « Un investissement potentiel de 500 millions de dollars de la part de Tronox et Lion Rock devrait faire progresser le secteur des minéraux critiques au Cameroun. Tronox / Lion Rock a obtenu le renouvellement de 13 permis d’exploration, dégageant la voie pour un important projet de rutile au Cameroun », informe l’Ambassade via son compte X.

L’affaire est liée à l’exploration et l’exploitation de rutile et de terres rares à haute valeur sur une superficie de 250 Km2. Les précédentes opérations de forage de l’entreprise australienne Lion Rock avait permis de révéler l’existence de rutile, dysprosium, terbium, samarium ainsi que des sols alluvionnaires fortement enrichis en monazite. D’autres transactions ont lieu autour de la zone minière de Nkamouna, dans la région de l’Est. Américan renaissance mineral’s est en pourparlers avec le gouvernement camerounais en vue de l’obtention d’un nouveau titre minier pour l’exploitation du cobalt, du Nickel et du manganèse. Le montant estimé du projet est de 85 millions de dollars. L’expansion américaine dans le secteur minier camerounais prend davantage d’ampleur avec l’entrée en jeu de l’alliance américano-britannique M2I ; qui a pour vocation de cibler et sécuriser de nouveaux projets miniers au Cameroun et en Centrafrique.

Le politique à la manœuvre
Cette expansion des entreprises américaines n’a rien d’un simple mouvement d’affaires. Celle-ci est le fruit d’une offensive diplomatico-politique nourrie par des rivalités avec Pékin. Des délégations de la chancellerie américaine à Yaoundé multiplient des rencontres avec les autorités en vue de s’approprier les opportunités d’envergure. Le soutien de Washigton à ses entreprises s’étend jusqu’à l’octroi de financements. Notamment à travers des mécanismes tels que l’International development finance corporation (IDFC), la banque de développement des États-Unis. À l’issue du dialogue économique bilatéral à Yaoundé, le gouvernement américain a annoncé de potentiels investissements de près de 7000 milliards de dollars.

Dans le détail, et selon les informations de la chancellerie américaine, la société australienne Lion Rock reste en charge des opérations d’exploration et exploitation conformément à son titre. Tronox qui en finance l’activité apporte son expertise mondiale en matière de production et de traitement des minéraux de titane. Notamment pour des produits allant des peintures et revêtements aux plastiques et applications industrielles. Or, la structure américaine est basée dans le Connecticut et ne possède officiellement pas de filiale au Cameroun. Ce qui pose in fine le problème de la création de la valeur et de la richesse au Cameroun ; e remet en cause les dispositions du Code minier qui impose un seuil minimal de 15% de transformation locale avant toute exportation.
Ce même Code dispose en ses articles des droits pour les communautés des localités minières. Or très souvent au Cameroun, ces dernières subissent toutes les impacts négatifs à l’exploitation, sans que les entreprises ne veuillent assumer leurs obligations contenues dans leurs cahiers de charge. Qu’il s’agisse du développement des infrastructures sociales, de la construction de routes où même de la formation et de l’emploi de la main d’œuvre locale et des mesures environnementales exigées.

Louise Nsana

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