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À l’IRIC, le droit devient une arme douce du développement

À Yaoundé, le programme Fulbright a transformé les salles de cours en laboratoire stratégique où le droit, la diplomatie et l’économie s’allient pour préparer les décideurs africains de demain.

Former des diplomates capables de parler économie sans oublier le droit : voilà l’ambition qui a traversé, le 18 mai 2026 à Yaoundé, la cérémonie de clôture du programme Law for Economic Development organisée par l’IRIC (Institut des Relations Internationales du Cameroun). Mis en œuvre dans le cadre du Programme spécial Fulbright du Département d’État américain, ce projet académique aura surtout servi de laboratoire intellectuel entre le Cameroun et les États-Unis autour d’un enjeu devenu central : faire du droit un outil stratégique de développement.

Dans la salle panoramique de l’Institut, responsables diplomatiques, enseignants et étudiants ont célébré bien plus qu’une simple fin de formation. Derrière les attestations remises aux bénéficiaires, c’est une certaine vision de la coopération internationale qui s’est exprimée : celle d’un partenariat fondé sur la transmission des savoirs, la gouvernance et la maîtrise des mécanismes économiques mondiaux.

Présidée par S.E. Daniel Urbain Ndongo, Directeur de l’IRIC, la cérémonie a réuni des représentants de l’Ambassade des États-Unis au Cameroun ainsi que des universitaires de Golden Gate University, partenaire académique du programme. Une présence qui traduit l’importance croissante des échanges universitaires dans les relations diplomatiques contemporaines.

Au cœur du projet, une conviction : les défis économiques modernes ne peuvent plus être dissociés des questions juridiques. Investissements internationaux, arbitrage commercial, gouvernance publique, règlement pacifique des différends ou négociations économiques exigent désormais des compétences hybrides, à la croisée du droit, de l’économie et de la diplomatie. C’est précisément ce profil que le programme Fulbright a cherché à construire au sein du Master Droit International Économique de l’IRIC.

Dans son rapport général, Claude Coumaye, responsable de la coopération IRIC–Golden Gate University, est revenu sur les différentes activités menées durant le projet. Séminaires spécialisés, échanges universitaires et rencontres interculturelles ont rythmé ce programme pensé comme un espace d’ouverture intellectuelle. L’objectif n’était pas seulement académique : il s’agissait aussi de préparer les étudiants à évoluer dans des environnements internationaux complexes où les rapports de force passent autant par les textes juridiques que par les négociations diplomatiques.
Chez les étudiants bénéficiaires, le programme a été perçu comme une passerelle vers les standards internationaux. Prenant la parole au nom des participants, une étudiante du Master DIE a salué une initiative ayant permis de rapprocher théorie et réalités géopolitiques. Dans un contexte africain confronté aux enjeux d’intégration économique et d’attractivité des investissements, cette montée en compétence apparaît comme un enjeu stratégique.

La représentante de l’ambassade américaine, Amanda Cauldwell, Directrice par intérim des Affaires publiques, a insisté sur la portée humaine et académique du programme, saluant une coopération tournée vers la formation des futurs décideurs. Même analyse du côté des partenaires américains, notamment du Professeur Gustave Lélé et du spécialiste Fulbright Rew Goodenow, qui ont souligné l’importance des échanges universitaires dans la consolidation des relations entre les deux pays.

Point culminant de la cérémonie : la remise de près de 80 attestations de participation aux étudiants bénéficiaires. Une reconnaissance symbolique qui vient consacrer plusieurs mois d’apprentissage et de collaboration académique.
À travers cette initiative, l’IRIC confirme surtout sa volonté d’élargir son influence intellectuelle au-delà des frontières camerounaises. Car dans un monde où les batailles économiques se jouent aussi dans les amphithéâtres et les salles d’arbitrage, former des experts du droit économique revient déjà à préparer les diplomaties de demain.

Ongoung Zong Bella

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