Café de spécialité : le village Baditoum balise la voie de l’Excellence
La localité abrite le tout premier centre de traitement post- récolte du café robusta du pays, en conformité aux exigences du marché international.

Baditoum, dans l’arrondissement de Doumaintang et région de l’Est, a exposé tous ses charmes mardi 24 mars 2026, à l’occasion de l’inauguration officielle de son centre d’excellence du café Robusta. Le tout premier du genre au Cameroun; et qui s’inscrit dans une démarche de relance du café camerounais et de mise aux normes de ce produit en vue d’une conquête optimale du marché international du café de spécialité. La cérémonie de deux heures de temps a reconfiguré les attentes et les espérances dans un environnement commercial national dominé par l’Arabica. Ici, les ambitions nationales d’augmentation des marges de production et d’exportation fusionnent avec les objectifs locaux de développement et les espérances individuelles de prospérité.
Sans autre forme de procès, le respect du procès de production en devient le point de liaison. Et le Centre d’excellence de Baditoum, pour répondre aux attentes est équipé d’une aire de séchage moderne, d’une salle de procès adaptée pour les méthodes anaérobique, honey, naturelles, et submergées, ainsi que d’un magasin de stockage équipé d’un dispositif de contrôle de l’humidité. Des équipements de toutes natures complètent le dispositif de traitement et de conditionnement du produit final. Deux après sa mise en service, le centre tient ses promesses.
«L’an dernier, on a fait trois tonnes de café de spécialité et 18 tonnes 275 Kg de café tout-venant et cette année ce sont presque les mêmes quantités qui sont produites. Mais le challenge c’est que l’année prochaine nous voulons franchir l’étape de 18 tonnes de café de spécialité. Avec les jeunes, nous sommes en train de travailler dessus et nous allons atteindre nos objectifs. Comme la demande est très forte, nous n’arrrivons pas encore à satisfaire la demande. Nous sommes vraiment débordés par la demande c’est pourquoi nous sommes en train de mettre sur pied une pépinière de 150 000 plants pour essayer de répondre aux quantités sollicitées par le marché», indique Laurencin Nkam Nkam, président de la Société coopérative des promoteurs de café d’excellence (Cafex).
L’ambition ici exprimée est taillée à la mesure de 66 jeunes producteurs de café d’Excellence dont les surfaces de plantations individuelles se mesurent à hauteur de 3 Hectares.
«Le Centre d’excellence de Baditoum est né sur initiative d‘un groupe de jeunes encadrés par le CICC (Conseil interprofessionnel du cacao et du café) et enrôlé dans le programme New generation. Au terme de trois années d’accompagnement, il était de bon ton que les jeunes se regroupent autour d’une coopérative, ce qui a été fait et c’est de là que nait l’idée de la construction d’un centre d’Excellence», souligne Laurencin Nkam Nkam, président de la Société coopérative des promoteurs de café d’excellence (Cafex).
Succès et rentabilité
Le café de spécialité du Cameroun fait l’objet de convoitise sur la scène internationale. L’intérêt du Cameroun pour cette variante est lié à la rentabilité de ce segment de marché, mais aussi au renforcement de l’origine Cameroun. Des opérations sont implémentées depuis 2024 afin d’assurer l’expansion commerciale projetée. Elles incluent la mise en place de système de géolocalisation des plantations et de traçabilité de la chaine commerciale, afin de répondre aux exigences du Règlement européen sur la déforestation (RDUE). Pour l’opérateur cependant l’équation se résume à l’opportunité des meilleures conditions de vente et de vie. Tout calcul fait, le choix de produire du café s’est imposé dans un environnement écologiquement adapté. «Le cacao se porte très mal dans notre village Baditoum à cause de la chaleur. Il y a aussi une maladie qui menace le cacao ici, pouvant conduire à la perte des cacaoyères entière. On appelle ça le die bag or le café ne connait pas ça. Un Hectare de café bien suivi donne une tonne 200 Kg parce qu’une tige donne 1Kg de café. Si vous avez cette production que multipliez par 3500 FCFA, vous voyez ce que ça peut donner », souligne Laurencin Nkam Nkam.
L’opportunité du Centre d’Excellence de Baditoum s’est mesurée à des échelles d’autorité supérieure. Les débouchés inhérents épousent les velléités de la mairie de Doumaintang qui a su offrir un accompagnement matériel à la Cafex. «Notre engagement est de développer cette culture davantage à travers l’appui aux jeunes qui vont s’engager dans la production du café. Donc nous avons appelé le CICC, à qui nous disons grandement merci, à ouvrir une convention de partenariat avec la commune de Doumaintang dans le cadre de la formation, des productions des plants et surtout l’accompagnement des producteurs.
Ce d’autant plus que nous nous trouvons dans un contexte économique d’ébullition ; avec un foisonnement d’initiatives sur l’accompagnement des cacaoculteurs, ici vous avec le centre d’excellence, nous avons également en voie l’introduction à grande échelle de la culture du gingembre. Nous sommes dans une période où nous voulons accélérer le développement de notre Commune à travers le développement agricole. A niveau de la commune elle-même lancé un projet de complexe agropastoral et piscicole qui produit déjà du poisson frais. Cette initiative vient ajouter à ce qui fait déjà et nous sommes engagés à en faire quelque chose de viable», indique le maire de la commune de Doumaintang, Honoré Koume. Au CICC, le cap est déjà mis vers le Noun pour l’implantation du deuxième centre de traitement post-récolte du café.
Louise Nsana



