INTÉGRATION CONTINENTALE

Consolidation des indicateurs et renforcement de la gouvernance statistique : HISWACA s’évalue

Le premier comité de pilotage du Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (HISWACA) s’est tenu à Yaoundé le 25 février 2026, posant les bases d’une production statistique harmonisée et fiable pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Photo de famille au terme de la session

Le 25 février 2026, Yaoundé a accueilli la première session du comité de pilotage du projet HISWACA, marquant un jalon majeur dans la réforme statistique régionale. Présidés par Jean Tchoffo (secrétaire général du ministère camerounais de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Minepat), les travaux ont porté sur la validation des Plans de travail et budgets annuels (PTBA) pour 2025 et 2026. « Ceux-ci définissent les priorités nationales et les outils nécessaires pour moderniser la collecte et la diffusion des données. La digitalisation des enquêtes, l’interopérabilité des bases de données et la montée en compétence des statisticiens nationaux ont été mises en avant comme leviers essentiels. Ces mesures visent à créer un environnement statistique durable, accessible aux décideurs, chercheurs et partenaires régionaux. Les discussions ont aussi insisté sur la nécessité d’inclure les données sur le développement durable, l’éducation, la santé et le genre, afin que la production statistique serve de base à la planification inclusive et à la prise de décision éclairée au niveau national et sous-régional, et qu’elle permette d’identifier les zones et populations les plus vulnérables », a indiqué Jean Tchoffo.

Pour le Cameroun, a-t-il poursuivi, le projet vise à faciliter, d’ici 2029, la migration du Système général de diffusion des données amélioré (SGDD-A) vers la Norme spéciale de diffusion des données (NSDD), afin de produire des statistiques fiables et comparables, intégrées à la stratégie de développement statistique 2020‑2030. Cette migration s’inscrit dans une volonté de moderniser les systèmes nationaux, d’optimiser la collecte de données dans tous les secteurs et de renforcer la coordination avec les initiatives régionales telles que l’Union africaine, la CEMAC et la Banque africaine de développement.

Visées
Selon Jean Tedou, directeur général de l’INS (Institut national de la statistique du Cameroun) et coordinateur national du projet, cette migration permettra également d’harmoniser les indicateurs macroéconomiques et sociaux pour faciliter la comparaison entre pays et améliorer l’analyse des tendances régionales, tout en soutenant la planification stratégique des politiques publiques à moyen et long terme ». D’où l’importance de la coordination entre pays : « HISWACA n’est pas seulement un projet technique ; c’est un vecteur de gouvernance régionale. Harmoniser les méthodes et standards statistiques est indispensable pour des politiques publiques plus efficaces et pour renforcer l’intégration économique », a souligné Jean Tedou. Il a également rappelé que le projet contribuera à réduire les écarts de qualité entre pays et à encourager le partage de bonnes pratiques. Cette approche collaborative permettra de créer un réseau régional d’experts capables de soutenir les pays dans l’implémentation de leurs systèmes statistiques nationaux et de faciliter l’échange régulier de données comparables, ainsi que la définition d’indicateurs communs pour les politiques sociales et économiques afin d’améliorer le suivi des programmes régionaux.

Recommandations
« La réussite dépendra de notre engagement collectif et de l’utilisation systématique des PTBA dans nos administrations », projette le directeur général de l’INS. Plusieurs partenaires techniques, dont la Banque africaine de développement (BAD), ont salué la démarche. Selon eux, des données harmonisées et accessibles renforceront la transparence, la planification et l’attractivité pour les investissements régionaux. Les participants ont également recommandé des formations continues, le renforcement des plateformes numériques et l’alignement avec les standards internationaux afin de garantir la pérennité des réformes et la cohérence des statistiques à l’échelle régionale, tout en favorisant la participation active de tous les acteurs concernés. À la clé, plusieurs objectifs : « l’inclusion des dimensions sociales, économiques et éducatives, afin que la statistique devienne un véritable outil de suivi des politiques publiques et des Objectifs de développement durable ; la mise en réseau des systèmes nationaux, la synchronisation des enquêtes et la communication des résultats au grand public ont été identifiées comme des priorités complémentaires pour renforcer la crédibilité du système. Les experts ont insisté sur l’importance de la vulgarisation des résultats statistiques pour les décideurs, les chercheurs et les citoyens, permettant ainsi d’augmenter la confiance dans les données et de faciliter l’élaboration de politiques publiques fondées sur des preuves fiables et actualisées, mais aussi de stimuler la recherche et l’innovation dans les domaines sociaux et économiques.

À l’issue du comité, le consensus est clair : HISWACA constitue un outil stratégique pour renforcer la fiabilité et la transparence des données, soutenir les décisions économiques et sociales, et ancrer durablement une statistique moderne, inclusive et harmonisée dans toute la sous-région. Le projet se positionne ainsi comme un levier incontournable pour la gouvernance et le développement régional. Les participants ont souligné que la réussite dépendra de la continuité de la coordination régionale, de la mobilisation des ressources nationales et de l’engagement actif des partenaires techniques, afin que les bénéfices du projet se traduisent concrètement dans les politiques publiques, la planification budgétaire et la vie quotidienne des populations.

Jean-René Meva’a Amougou

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